Notifications
Retirer tout

25e Album

705 Posts
70 Utilisateurs
0 Reactions
64.2 {numéro}K Vu
Silkah
(@silkah)
Honorable Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 625
 

C'est bien vrais !
smiley
Moi, je suis Nul en dessin... smiley

J'attends le T25 pour rêver encore et encore...

J'etais petit à la sortie dans Spirou du T1 !!!
Ya ... longtemps... smiley

Edité Mercredi 30 mai 2007 :23:35 par Silkah


Vous qui savez, contentez vous de rêver ! ...


   
RépondreCitation
Cherrydean
(@cherrydean)
Membre Moderator
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 4090
 

Je viens d'envoyer un message aux patrons pour ajouter l'image de Paul à la rubrique "vos créations".


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
RépondreCitation
Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
 

J'apporte une nuance. Le dessin en question n'est pas inspiré par l'oeuvre de Roger, si j'ai bien compris, il ne fait que se rapprocher d'un thème abordé. Dans l'absolu il s'agit donc d'un dessin de science-fiction dont les sources sont différentes. Pour cette raison, c'est bien plus dans la rubrique "dessins" du présent forum qu'il devrait prendre place. ( https://yokotsuno.fr/index.php?mod=forum&ac=voir&cat=11&id=184)
En attendant je n'ai pas compris laquelle des trois illustrations est celle de Paul - ou si ce sont les trois.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
RépondreCitation
Paul
 Paul
(@paul)
Reputable Member
Inscription: Il y a 20 ans
Posts: 248
 

Les trois sont de moi. Celui du milieu a été fait en classe smiley, comme le montre les cases (mis en negatif pour l'effet). L'inspiration est directe, mais dans le sens du concept, pas des formes:

https://yokotsuno.fr/index.php?mod=engins&pg=1001&cat=Les%20engins%20vin%E9ens a écrit  Cet engin sert à l'entretien de la barrière climatique de Vinéa. Il est surpuissant, à en juger par ses caractéristiques et est adapté pour des vols stationnaires en atmosphère. Il permet d'emporter de lourdes charges grâce à son treuil double. La cabine de pilotage presque entièrement transparente et pivotante, a été conçue pour que le pilote puisse manœuvrer ses charges avec aisance. Il n'est apparu que dans Les Titans.

Sinon, "L'aquabulle" suspendue sous la grue sous-marine du dessin de droite est un refuge pour plongeur développé par l'architecte Jacques Rougerie et les personnages du dessin de gauche (décalqués d'un dessin de Syd Mead).
Mais cet univers était sous inspiration directe de Roger Leloup (Cavernes sous-terraines, transporteur, engin-grue,...) et son apparition sur ce site n'est qu'une réaction directe à l'apparition de la base sous marine des vinéens. (Caverne, entrée sous-marine, manutention mécanique des engins,...) Seuls dans la section dessin, leur présence ne serait pas aussi explicite...


Acquiers la paix de l'âme et des milliers autour de toi trouverons le salut.
S. de Sarov
Mes dernières lectures sur le site:

Le romantisme de L'Orgue du Diable.
Dessin
Présentation


   
RépondreCitation
anges
(@anges)
Active Member
Inscription: Il y a 19 ans
Posts: 7
 

Il y a pas mal de temps, Fred Belmont a propose de placer un aventure de Yoko aux Etats Unis. J'ai lu ca recemment et ca ma donne a penser. Tout le monde a semble d'accord que l'Amerique apparaissait trop a la tele pour etre interessante. Je me suis moi-meme demandee pourquoi Roger Leloup avait soigneusement evite les Etats-Unis. C'est peut-etre la raison. Ou alors, c'est tout simplement que le monde est trop grand et que Yoko n'a pas eu l'occasion encore d'y aller.

Moi qui y vis depuis un moment, je ne trouve pas que les Etats-Unis soient si ennuyeux que ca. C'est un pays immense et il y a de tout (y compris de grands espace ou il n'y a rien). J'ai decouvert recemment le sud-ouest americain. Beaucoup de nature sauvage, superbe, et variee et des anciennes cultures (indiennes bien sur). Au Nouveau-Mexique en particulier (que je connais le mieu), il y a en prime un grand nombre de laboratoires secrets du gouvernement americain. Los Alamos, site du projet Manhatan, White Sands Missile range, ou nord duquel ils ont fait eclater la premiere bombe atomique (rien de gai je le reconnais).

A Roswell, il y a eu l'incident de la "soucoupe volante" qui s'y serait ecrasee en 1947. C'etait tres probablement une experience militaire qui a mal tourne et est devenu aujourd'hui une grande source de revenu pour une ville au millieu du desert, mais on peut rever. Et bien sur, comme quelqu'un l'a mentione dans ce sujet, c'est aussi au Nouveau Mexique que ce situe le VLA, ou SETI est a l'ecoute de signaux extra-terrestres avec des antennes paraboliques geantes. J'y suis allee et c'est situe sur un grand, beau plateau, loin de tout comme il se doit. Yoko pourrait facilement y rencontrer des astronomes loufoques et/ou un peu sauvages. Il y aurait matiere pour une belle histoire de science-fiction, pourquoi pas avec les vineens. Moi, je situerais une action dans les dunes blanches comme neige du parc national de White Sands. C'est un endroit superbe et tres etrange a la fois.

Edité Jeudi 21 juin 2007 :23:56 par anges

Edité Jeudi 21 juin 2007 :23:57 par anges



   
RépondreCitation
Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
 

Je crois qu'avant tout, il y a un élément malheureux dans la conscience culturelle européenne.

Ce qui se passe, c'est que dans l'absolu, il y a autant d'intérêt à situer une histoire aux Etats-Unis que dans n'importe quel autre endroit. Le pays ne manque ni d'attraits, ni de patrimoine (à condition de s'intéresser à un patrimoine relativement récent), ni de personnes de valeur.

Mais l'ennui c'est qu'actuellement, dans la culture européenne, les Etats-Unis ne peuvent plus être "n'importe-quel pays". Les historiens parviennent aujourd'hui avec beaucoup plus de transparence qu'autrefois à identifier ce qu'il y a eu, au sein de mesures comme le Plan Marshall, de volonté politique d'implanter, en même temps qu'une aide économique et humanitaire dont il serait ridicule de nier les effets positifs, des éléments culturels visant, sur le plan économique, à consolider les marchés ouverts à l'Amérique en Europe, et sur le plan socio-culturel, à enraciner l'identité d'un bloc Atlantique.

Il serait vain de se cacher que les Etats-Unis ont fini par représenter "l'ailleurs par excellence" en même temps qu'une sorte de présence constante sur le plan de la mémoire collective. Ceci est imprégné à tel point que dans certains cas, l'européen moyen a des notions du mode de vie nord-américain qui, si il en savait autant sur n'importe quelle autre civilisation, je feraient passer pour un ethnologue amateur assez bon.

Le voyage en Amérique est devenu depuis la dernière guerre une sorte de passage obligé des univers fictifs. Le personnage de l'américain est du reste souvent convoqué comme figure de l'étranger, avec une désarmante spontanéïté. Les Etats-Unis ne se donnent pas tellement plus en spectacle dans leur littérature ou dans leur cinéma que nous le faisons sur nous-mêmes, mais nous avons acquis l'habitude d'exporter massivement ces oeuvres par lesquelles ils se décrivent, et eux ont gardé l'habitude de les exporter.

Il y a un complexe profond et de nombreuses confusions. La sagesse voudrait que, comme face à toute civilisation étrangère, l'ont ait la mesure et la conscience de distinguer les choses. Le paradoxe veut que l'honnêteté intellectuelle manque souvent pour reconnaître que ce pays à fantasmes comporte réellement des talents, des personnes de grande valeur, des savoirs-faire artistiques, scientifiques, techniques, un patrimoine aussi intéressant que n'importe quel patrimoine (la richesse du patrimoine naturel compensant la relative faiblesse du patrimoine historique selon les critères européens). Paradoxe, suite: par un curieux retour d'idées reçues absurdes, on n'hésite plus à taxer d'anti-américanisme à la limite de la xénophobie le droit légitime pour un européen de s'élever contre la politique étrangère des institutions politiques américaines, et contre une "certaine Amérique" (la moins reluisante: celle des armes à feu vendues aux particuliers, celle de la consommation à tous crins, celle des neuneus buveurs de bière avachis en regardant du sport à la télé, celle des émissions télévisées débiles et des films commerciaux...). Naturellement nous sommes chatouilleux quand on attaque nos mauvaises habitudes, nos neuneus et nos produits débiles, mais, en général, nous ne nous préoccupons pas de faire la police des idées quant à ce que nous ou les autres pensent de l'Inde ou de l'Ouzbekistan. Sauf au sujet des Etats-Unis. Dire ce que l'on pense des Etats-Unis, débattre de ce qu'il faudrait penser, ne pas penser, de ce qu'il est juste ou injuste de dire à leur sujet, des qualités et des défauts qu'il faut leur prêter, est un sujet de conversation bien plus répandu que bien d'autres sujets dans toutes les strates de la vie civile. Et même, à la limite, c'est un sujet facile à aborder parce qu'on sait qu'il crystalise chez les petites gens des tas de prises de position à l'emporte-pièce qu'il est facile de mettre un peu en perspective pour donner l'impression que l'on fait de grands progrès de conscience. C'est beaucoup plus facile, en tous cas, que de parler de notre propre identité et de nos propres motifs de fierté et de nos tares. Si j'étais étranger, je pense que j'aurais tôt fait de railler l'Europe à cause de sa propention à déclancher des guerres fratricides au cours de plusieurs siècles d'histoire, de ses tergiversations multiples qui lui confèrent à l'heure actuelle sa ridicule complexité administrative. L'autre jour je discutais avec Cherrydean, qui est canadienne, et je me souviens de sa réaction à notre complexité administrative, notre fédération qui n'en est pas une tout en l'étant un peu mais pas complètement, les progrès très lents de l'amélioration de tout ça, etc... À Bruxelles, il y a une commission interministérielle chargée de la simplification de l'administration. Avec beaucoup d'humour, elle communique avec le grand public sous le nom de Kafka...

Naturellement, donc, en dépit de tous ces complexes ridicules, de cette manie de faire beaucoup trop de place aux Etats-Unis dans notre imaginaire collectif pour aussitôt en faire l'objet d'un jugement tout aussi exagéré (on trouve en Europe des gens pour qui les Etats-Unis sont une sorte d'antichambre des Enfers, d'autres pour qui c'est au contraire un modèle à suivre. On n'ose ça avec aucun autre pays, sauf au temps du communisme triomphant avec la Russie...), en dépit de tout ça, il y aura toujours moyen de tirer des récits originaux et intéressants, surtout ceux qui feraient découvrir des facettes méconnues. Au contraire, tout ce qui va ressembler à du déjà-vu, inspire instinctivement au moins à la frange instruite de la population européenne un sentiment de lassitude voire de dégoût. Avec pour raison, comme celà a été signalé, l'afflux quotidien d'images, de produits... qui donnent à l'Europe cet épouvantable "je t'aime - moi non-plus" vis à vis de Etats-Unis.

En revanche pour tout ce qui concerne les machins bidules secrets et tout ce genre de choses, vu de chez nous ça n'a aucune originalité. On ne compte plus les délires télévisuels et cinématographiques sur les rapports qu'entretiennent les américains, et notamment leur puissance publique avec la bombe atomique, les extra-terrestres, etc. Vu d'ici, c'est tout le contraire de l'originalité. J'ignore si chez vous on vous assomme autant avec, mais ici, on importe tellement de trucs sur ce genre de thème (très alimenté par le fantasme européen sur tout ce qui est de la puissance publique et les gouvernements américains, à la fois admirés parce qu'on s'imagine qu'ils de meilleurs policiers que nous, et détestés parce que vue comme violents, sans scrupules, ayant le culte du secret, cynique et magouilleurs). Donc sur ce point, je doute qu'il soit encore opportun d'en rajouter, d'autant plus qu'il est déjà à la mode, ici, que des cinéastes ou des écrivains européens, pour attirer le badaud, fassent des trucs mettant en scène la CIA, l'armée américaine, le FBI, des complots, des trahisons, des gros sous... etc...
Comme si, par exemple, des australiens ou des pakistanais se mettaient à fantasmer sur les magouilles à la Commission Européenne, la DGSE et les archives de la Stasi...
---
P.S.
Le fait même que des gens se soient demandés avec autant d'empressement pourquoi les Etats-Unis étaient "évités" relève de ce complexe. Normalement, il y a suffisamment d'endroit sur la terre pour que la question des Etats-Unis ne passe pas moins inapperçue que le grand nombre d'endroits où Yoko n'est jamais allée. Si un sondage était fait auprès du grand public, qu'on disait: "sachant qu'un auteur européen a envoyé son héroïne à la Martinique, en Amazonie, en Chine, au Japon, en Indonésie etc, en enfin, naturellement, dans plusieurs endroits d'Europe, quels sont les endroits qu'il lui reste encore à visiter?"
Hé bien je suis prêt à parier qu'auprès du grand public européen, les Etats-Unis apparaîtraient au moins légèrement sur-représentés dans les réponses, même par rapport à des pays d'une échelle à peu près comparable sur le plan de la superficie et de la démographie, comme le Canada, le Brésil ou la Russie.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
RépondreCitation
Cherrydean
(@cherrydean)
Membre Moderator
Inscription: Il y a 21 ans
Posts: 4090
 

Personnellement, je crois qu'un auteur, lorsqu'il choisi un lieu pour une aventure, ce lieu-là doit tout d'abord avoir une signification pour lui, non pas en tant que symbole, du moins pas nécessairement, mais ce lieu doit réveiller quelque chose en lui; il doit avoir le goût de le représenter, que ce soit en mots ou en dessins. Or, le non-choix des États-Unis n'en n'est pas un nécessairement calculé. Je ne doute pas une seconde qu'il y ait des lieux intéressants aux États-Unis pour une aventure digne de Yoko, mais il y en aurait très certainement aussi en Afrique, en Australie, au Mexique ou au Canada. Je pense à ce fameux "oeil de cristal" dans le Grand Nord dont on a parlé dans le journal (le Soleil) dernièrement, un lac fait d'eau de pluie puisqu'il résulte de la chute d'une immense météorite, protégé à cause de sa pureté unique, pour laquelle la moindre bévue serait une catastrophe écologique. Ce serait tout à fait propice à une aventure, c'est isolé, peu connu, c'est un paysage magnifique à dessiner...

Mais voilà, des idées, je suis convaincue que Roger n'en manque pas et puisqu'il n'épuise pas un sujet par semaine, il est certain qu'il ne peut faire visiter tous les lieux du monde à Yoko.


Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...


   
RépondreCitation
Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
 

En fait, pour le vivre "de l'intérieur", je pense que représentations collectives et personnelles sont étroitement liées en chaque individu, mais avec des proportions différentes. Le vécu et l'expérience modifient cet équilibre. La conscience européenne est faite en grande partie d'un regard vers l'extérieur car, je crois, notre civilisation a longtemps eu besoin de se "projeter" avant de revenir à elle-même, et elle en a multiplié les complexes. Il y a le retour à la fin du XXe siècle du "mythe du bon sauvage" sous une forme modifiée sur le mode "l'étranger est plus proche de la nature que nous", et l'on en finirait pas d'énumérer les idées comme ça qui, souvent éphémère, connaissent leur petite heure de gloire... au sein d'une population qui, en majorité, passera sa vie sans être sortie d'Europe, ou n'aura fait à l'étranger qu'un tourisme conventionnel, sans vraiment rencontrer les gens.
Néanmoins le voyage vient toujours modifier cette conscience, dans un sens ou dans un autre d'ailleurs, selon le degré de réflexion personnelle de l'individu et le degré de naïveté touristique.
La vertu d'un artiste indépendant et sincère, c'est de dépasser totalement le niveau des représentations collectives, et je crois que Roger correspond suffisamment à ce modèle de force de caractère pour nous avoir déjà montré qu'il se joue de ces distinctions, qu'il emmène son lecteur avec autant de bonheur vers la carte postale comme vers l'inconnu - et même souvent vers l'inconnu qui se dissimule sous la carte postale. C'est la pleine reconnaissance de la dualité de notre regard, c'est la plupart du temps franchir un pas essentiel vers la capacité de s'approcher de façon décomplexée vers l'autre. Je crois que quand il donne envie à l'un de ses lecteurs de voyager ou d'en savoir plus, c'est un grand service qu'il rend; et comme, dans son approche de l'Europe il puise de façon tout aussi décomplexée dans notre imaginaire et dans notre tradition littéraire et poétique quand tant d'auteurs s'en détournent ostensiblement pour faire "branché", je crois que la boucle est bouclée. Volontairement ou non, il renouvelle notre vision de l'ailleurs tout en décrispant notre vision de nous-mêmes.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
RépondreCitation
anges
(@anges)
Active Member
Inscription: Il y a 19 ans
Posts: 7
 

Bien sur il y a ici aussi un "matraquage" a la tele des intrigues avec la CIA et le FBI. Mais je ne regarde pas beaucoup la tele, et quand je parlais de Los Alamos et du VLA c'etait plus comme regard de l'interieur que de ce qu'on peut voir a la tele. Los Alamos est suffisamment secret d'ailleurs pour qu'on n'en voit rien a la tele. Pas le Los Alamos d'aujourd'hui en tout cas. S'il y a quelqu'un qui pourrait donner une vue differente et interessante, ce serait bien Roger Leloup. Je suis allee a Bruges, et c'etait beaucoup plus un coin a touristes que l'album ne laissait entendre. Je m'y attendais un peu alors je n'ai pas ete decue, mais ca montre ce que Roger Leloup peut faire d'un coin a touristes. Alors je prefere penser que les Etats-Unis n'ont tout simplement pas frappe l'imagination de l'auteur et je vais me contenter d'aller la ou Yoko m'emmene.



   
RépondreCitation
Lucterios
(@lucterios)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 6759
 

Honnêtement, en bande dessinée et dans le domaine de la SF, je connais assez peu d'auteurs de valeur qui se soient intéressés aux Etats-Unis. A part peut-être Christin et Mézières qui y ont envoyé leurs héros, et Walthéry dans une histoire pour Natacha qui, justement, correspondait à tout ce que l'on pouvait attendre d'un scénario imaginé par notre nouvelle amie. Franchement, moi j'ai des théories à propos des Etats-Unis et des Extra-terrestres que je n'ai pas du tout envie d'exposer ici, sauf à le faire sur le mode parodique... Disons que l'univers de Yoko en est totalement éloigné ! Les Vinéens sont rassurants par rapport à ce qui traîne là-bas. Enfin, en tout cas, par rapport à ce qui ressort des fantasmes des auteurs de science-fiction U.S. Voilà !

Edité Vendredi 22 juin 2007 :19:05 par Lucterios


Fortuna audaces juvat !


   
RépondreCitation
frac
 frac
(@frac)
Reputable Member
Inscription: Il y a 20 ans
Posts: 465
 

Le problème avec les US, comme cela a été dit, c'est qu'il s'agit sans doute du pays à propos duquel tout le monde (vraiment tout le monde) a des idées bien arrêtées (pour ne pas dire des idées toutes faites), et certainement aussi toutes fausses car la majorité doit provenir de sources aussi fiables que les séries TV et autres films ou faits divers tragiques. Sans doute y en a-t-il d'autres, dans une moindre mesure, comme la Chine, le Japon et peut-être l'Afghanistan car il est au centre d'une malheureuse actualité depuis des décennies (je me rappelle de l'invasion soviétique, à l'époque) et j'en passe, mais aucun à ce niveau.
Partant de là, je me pose la question : quand bien même Roger Leloup aurait les meilleures raisons du monde de situer son intrigue aux US pour une raison que j'ignore et que je ne cherche pas à découvrir, peut-il le faire sans tomber dans le piège ?
Nous savons tous qu'il fera à son habitude, lieux détaillés, réalistes, contexte aussi fouillé, mais peu importe la qualité : ce pays est perçu d'une façon telle que les réactions seront exagérément tranchées. Il y aura inévitablement les "Ah, quand même, Yoko va aux US, c'était temps !" et les non moins inévitables "C'est pas vrai ! On y avait échappé jusqu'à aujourd'hui et vlan, ça y est, il n'a pas pu s'en empêcher (l'auteur)". J'imagine, non je suis sûr, que même du côté des (pseudos) critiques BD il en sera de même (sans doute parce qu'un certain nombre, trop, écrivent ce que les gens veulent lire).
Bref, j'imagine qu'il ne serait vraiment pas facile d'éviter la polémique. Eviter le piège, pas de problème, parce que Roger Leloup sait mener sa barque scénaristique (ça existe ça ?) et les Yokotsuniens auront tôt fait de voir plus loin que le simple côté US, mais éviter la polémique du grand public ??? D'autant plus qu'il suffit parfois que ce pays soit le centre de l'histoire pour qu'on en parle soudain beaucoup plus. Bon, je vais peut-être trop loin là...
Peut-être aussi que ce grand public là n'est pas celui de Yoko Tsuno.

frac


Si tu te frappes la tête contre une cruche et que ça sonne creux, n'en déduis pas forcément que c'est la cruche qui est vide...


   
RépondreCitation
Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
 

Comme je disais, le fait même que nous ayons réussi à consacrer autant de lignes à la question est déjà la marque d'un fait culturel curieux. Les oeuvres de fiction américaines grand public échappent peu, pour leur part, au passage obligé sur l'Europe envisagée sous l'angle de l'attraction folklorique. L'échange n'est pas tout-à-fait réciproque: les américains diffusent des stéréotypes sur nous mais surtout sur eux-mêmes. L'Europe n'ose pas autant jouer sur son propre mythe quand il s'agit de la période contemporaine, et il est rare que les européens se sentent franchement caricaturés dans l'art européen. C'est beaucoup plus dans le domaine des souvenirs historiques que l'Europe encourage parfois ses propres stéréotypes.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
RépondreCitation
Lucterios
(@lucterios)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 6759
 

Sur la vision que possède l'Américain moyen de la France en général et de Paris en particulier, c'est assez amusant. Je dois dire qu'ayant travaillé dans le restau de mon oncle, lequel essaie de maintenir vivante la tradition du jazz à St-Germain-des-Prés, j'ai vu débarquer un jour deux Américaines recherchant la dite ambiance. Or, le restau en question a le malheur de se trouver plus près de Montparnasse que du Paris existentialiste. Les deux filles n'ont jamais voulu rentrer et on suivi la rue de Rennes, comme je leur ai indiqué pour trouver quoi, des trucs qu'elles auraient vu dans une comédie américaine, qui sait ?
A côté de cela, sans le mécénat américain, Versailles tomberait en ruines, mais c'est parce que nos amis d'Outre-Atlantique y sont attachés pour des raisons historiques, dois-je les préciser ? Moi, je ne puis m'empêcher de penser à une réplique d'Audiard mise dans la bouche de Bébel dans un (déjà) vieux film : "Vous autres Américains, vous ne connaissez que deux Français : La Fayette et Maurice Chevalier, qui sont les plus ringards que notre pays ait produit". Alors, maintenant, il y a un truc encore pire, c'est le Da Vinci code. Grâce à cela, on a eu droit à des légions d'andouilles, ayant pris pour argent comptant les stupidités narrées dans le bouquin, et qui ont arpenté Paris, l'objet du délit en main ! Mais c'est hélas une tendance qui se confirme de rencontrer des gens qui ne font pas la différence entre la fiction et un fait réel, pas que chez les Américains... Quant à une histoire impliquant Yoko aux Etats-Unis, moi je demande à voir. Si Roger a refusé finalement de situer l'astrologue à Venise, en partie parce que le lieu est malheureusement bourré de clichés touristiques, sur les Etats-Unis, que va-t-il en être ?

Edité Vendredi 29 juin 2007 :15:15 par Lucterios


Fortuna audaces juvat !


   
RépondreCitation
petrushka
(@petrushka)
Noble Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 1006
 

Les Etats Unis ne nous inspirent pas parce que l'on est inondé de films américains style les Experts et qu'en BD, pas mal se sont braqués sur l'Amérique croyant y être introduits... Pluis besoin de faire le déplacement, un bon magnétoscope suffit...

Il faut bien connaître un pays pour y incorporer un récit vraissemblable... L'Asie nous a naturellement plus fascinée et vous l'aurez remarqué...

Je dirai à Anges que la Bruges qui est développée est surtout celle du passé mais qu'il faut bien accepter le tourisme de nos jours pour visiter... Quoique, nous n'avons pas fait nos relevés à Bruges en saison touristique mais en hiver où le calme était parfait... Le rêve aussi... et si l'on se ballade dans Bruges vers une heure du matin, alors, c'est fantastique... Tous le passé surgit pour vous... sans que les blabla des visiteurs vous ramènent au présent... Pour Venise nous l'avons écartée parce qu'aussi déjà très exploitée...

Il y a des pays dans lesquels Yoko ne mettra jamais les pieds c'est certain... L'important c'est que ceux qu'elle visite vous soient agréables...

Bisous
Emilia

Edité Vendredi 29 juin 2007 :15:32 par petrushka



   
RépondreCitation
Lucterios
(@lucterios)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 6759
 

Sinon oui... N'importe quel endroit peut devenir "un lieu à touristes", pour peu que l'on ne sache pas le regarder avec les yeux du coeur, le troisième oeil dirait certains. Je pourrais retourner cent fois à Florence ou même à Venise, elles resteront toujours intactes dans mon imaginaire, telles que je les ai rêvées ! Je crois que je n'ai jamais eu droit à ce syndrome dont parle Proust : être déçu par les lieux sur lesquels on arrive après les avoir longtemps rêvés. Sans doute est-ce parce que j'ai moins d'imagination et de culture que lui ?... Je suis allé à Venise pour la première fois il y a vingt-deux ans, complètement ébloui par cette ville ancrée au milieu d'un rêve. J'y suis retourné deux fois et à chaque fois, j'y ai vécu un véritable conte des mille et une nuits, qui m'a inspiré finalement un livre. Florence, ce fut plus complexe, mais assis sur les gradins de l'amphithéâtre de Fiesole, en contemplant les collines de Toscane, inondées de leur lumière si particulière j'étais dans un autre monde ! Je ne voulais pas rentrer... D'ailleurs, j'ai fini par louper mon avion...

Edité Vendredi 29 juin 2007 :16:01 par Lucterios


Fortuna audaces juvat !


   
RépondreCitation
Page 14 / 48
Share: