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Le romantisme de l'Orgue du diable

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petrushka
(@petrushka)
Noble Member
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Ce que j’ai voulu expliquer est des plus simples…

Si vous écrivez (Romancier) ou si vous créez des dialogues des textes ou un scénario, des images surgissent de vos mots que vous assemblez... Une musique trop présente et ses propres images qu’elle génère peut être une gène réelle… Mais…

Quand vous dessinez, c’est comme lorsque les doigts courent sur le piano, on a la sensibilité en ligne directe avec l’image que l’on crée ou la mélodie que l’on transmet… Tout le reste,, le crissement du crayon, le bruissement du papier, le vent sur la toiture, les soucis qui reviennent comme des parasites dans votre tête… votre estomac qui crie famine ou au trop plein… Tout cela doit être évacué… Juste la pensée et l’image doivent subsister... Être Yoko qui bouge, qui parle.. Emilia qui râle… ou Lâthy qui se tracasse… Le décors est plus technique et accessoire… Alors pour créer ce moment de grâce où l’on entre dans un univers onirique en oubliant les contraintes du réel, Roger fait le vide par la musique…; Celle qui ,porte au rêve bien sûr …

Alors, tous les soucis de ce monde s’estompent et le rêve vinéen ou autre envahit la pièce et le bureau devient vaisseau spatial ou laboratoire souterrain dans le romantisme de Bruges…

Pour le reste chacun le vit à sa façon… Mais vous serez d’accord avec moi que le rêve apporte plus que la réalité… Mais chacun crée son rêve à sa manière et comme il le sent…

Rêvez bien avec musique ou sans…

Emilia

Edité Mercredi 16 mai 2007 :10:04 par petrushka



   
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Gobol
(@gobol-2)
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C'est drôlement joli tout ce que vous écrivez... Je me sens bien pauvre à côté de tout ça... Et pourtant, j'ai moi aussi mille choses dans ma tête, tant quand je lis que quand j'écris ou joue du violon ou dirige ma chorale... Je crois que je ne sais simplement pas comment l'exprimer. Ce qui fait la différence entre un Hallberg et moi, ou bien entre Roger Leloup et moi...smiley

Ce que je sais, c'est que quand je lis Yoko, je suis viscéralement emportée dans un autre monde. Ce n'est d'ailleurs pas la seule bd qui me fait ça, en fait, je crois qu'à peu près tout ce que je lis (je parle de romans, bien sûr, pas de livres "pratiques" ou des essais ou autres documentaires que je peux lire dans le cadre de mon travail bien sûr !) me transporte "ailleurs", de façon plus ou moins claire. Et je suis rarement déçue par un bouquin en fait. Parce que quelle que soit la façon dont il est écrit, j'arrive la plupart du temps à y "trouver mon compte", dans le sens que ce qui est important pour moi, c'est le monde où je suis transportée, qu'il soit réel ou imaginaire. Ce qui fait de moi une bien pauvre critique, mais un excellent public : un livre est capable de me faire sortir de la réalité. Bien sûr, s'il est en plus bien écrit, c'est d'autant mieux, parce que j'aurai d'autant plus de facilité à "entrer" dedans. Je me rappelle un livre de Daphné du Maurier ("Rébecca" !) qui m'a tellement impressionnée que j'ai mis un certain temps à en "sortir" physiquement ! C'était bizarre comme impression...
Pour la musique, je n'ai pas vraiment cette faculté d'y "entrer"... A part dans la musique bretonne et irlandaise... allez savoir pourquoi ! (allez, je vous laisse pour me consacrer à des tâches bien plus terre-à-terre !)
---
Ah au fait, Ingrid, je suis très heureuse de te renconter sur ce forum ! Remercie Roger de notre part de t'avoir invitée à intégrer notre petite communauté !


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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Hallberg
(@hallberg)
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À la limite, faut pas se laisser abuser. J'exprime par rapport à un jeu de références. Je ne crois pas inventer grand-chose. On reste quelque-part comme l'enfant qui aime se faire raconter des histoires, seulement on découvre avec le temps qu'on réagit à un faisceau d'éléments ou de thèmes dans ces histoires, on se rend compte que ça peut porter un nom, et ensuite on met ceci en forme et on finit par dire qu'on est sensible au clacissisme, au romantisme, au tragique, au comique... Tout ceci n'est que du vocabulaire, les gens comme moi qui vivent dans la référence, qui ont besoin d'être rassurés par elle, disposent de ce vocabulaire, mais c'est tout... Et au total, ce n'est pas du talent, c'est juste de l'artisanat. Je te l'ai déjà dit, tu disposes toi-même d'une capacité d'invention que j'envie parce qu'elle ne s'invente pas, et alors que je suis beaucoup plus à l'aise avec la mise en forme qui n'est que de la manipulation de ce qui est à ma portée. Ce qui me semble précieux, c'est l'émotivité, le reste étant du domaine de l'accessoire, et si je peux te donner l'impression que je sais formuler ce que je ressens (j'en suis flatté si c'est le cas), je suis beaucoup plus discret quand quelque-chose m'échappe, or, quand je ne peux me rattacher à rien, je suis souvent perplexe... Ce qui n'est pas toujours un avantage...
Chacun a ses "faiblesses" à supposer que c'en soient. Je suis très attaché à la forme (à cause, probablement, de mon besoin de me rattacher à du connu) et je peux avoir le plus grand mal à rentrer dans quelque-chose si la forme ne m'a pas séduit de la façon la plus superficielle qui soit, par le côté sensuel, voire la futilité. Après, à l'inverse, je suis très peu critique sur des sottises qui me seraient présentées avec une belle forme. J'aime beaucoup ta sensibilité et ce qui transparait dans tes textes, si j'étais à ta place j'en dirais moins avec plus d'effets de manches. Donc trève d'éloges, rogntudjû.

Pis comme je te disais je ne sais plus trop quand, quand avec le Kaldo on se prendra en main et qu'on se décidera à faire atelier d'écriture à trois, rien ne pourra plus nous arrêter (Mouhouheuhâhââââââ... ah pardon, j'm'ai gourré d'texte, chef).


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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Gobol
(@gobol-2)
Famed Member
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J'attends ça avec impatience, en fait, parce que là, j'ai des idées, mais plein ! et je ne sais pas trop quoi en faire pour le moment.


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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Lucterios
(@lucterios)
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Ce qui est passionnant dans des albums comme la Frontière de la vie ou la Proie et l'ombre, c'est la façon dont certains grands thèmes romantiques sont repris. Tous traitent de la survie après la mort aux frontières du bien et du mal : le vampirisme ou les fantômes, pour reprendre les deux cas cités. Ils sont ensuite retournés pour ne devenir que de simples phénomènes technologiques : "les vampires, ça n'existe pas !" affirme Yoko. Et puis, dans un génial mouvement de retour aux origines, la réalité rejoint les croyances, les plus fantastiques. Le docteur Schultz, en maintenant sa fille au-delà de la mort, a réussi à concrétiser le mythe !

Edité Dimanche 24 juin 2007 :18:01 par Lucterios


Fortuna audaces juvat !


   
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Gobol
(@gobol-2)
Famed Member
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Je ne connais rien en termes de "romantisme", je veux dire ce qu'on entend par mouvement "romantique". Seulement ces albums que tu cites, Lucterios, ont toujours eu un effet formidable sur moi, ainsi que le début du "Feu de Wotan", c'est-à-dire toutes les scènes qui se passent au Chateau d'Eltz. Cette réalité "quotidienne", c'est-à-dire ancrée dans la vie, teintée de mystère dont on ne sait pas trop s'il est le fait du lieu, des personnes ou des événements... un peu comme une pièce de théatre dans laquelle on se trouve, mais dont on ne connait pas le texte... J'ai toujours beaucoup aimé l'atmosphère de ces albums, mêlant toujours le présent et le passé, la réalité et le mythe ou la légende... au point que parfois la frontière entre les deux en devient très floue, jusqu'à quasiment s'effacer... on entre alors dans le rêve proprement dit, et tout devient possible. Ca me fait ça aussi avec d'autres albums, notamment les albums vinéens, mais d'une autre façon, parce que là, on est carrément d'emblée hors de la réalité (sauf pour le Trio).


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
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Si, tu y connais quelque-chose, même inconsciemment. Tu es probablement passée par le même parcours scolaire que moi, vu que nous n'avons pas une grosse différence d'âge. Ce qu'on apprend peut-être pas assez bien, c'est à quoi servent ces distinctions littéraires. Ce sont des choses qui m'intéressent et j'ai fini par me poser la question. Celles que tu te posent vont dans le même sens que ce que je dis, et là tu soulèves une distinction fondamentale.

C'est quand même marrant, ces questions que certains se posent, parce que la notion de littérature romantique est étudiée au lycée. Je ne crois pas qu'il existe de tradition éducative qui en fasse abstraction en Europe. Notamment, les gens qui ont "subi" les programmes scolaires français ont probablement eu droit aux recueils Lagarde et Michard, qui comptent un volume XIXe. D'habitude je les critique pour leur vision historique débilo-hegelienne, mais là, je les loue d'avoir un volume XIXe... Seulement ces trucs-là ont à l'école un aspect rébarbatif et imposant, et on n'a pas tant l'impression que l'on peut s'en servir aujourd'hui pour parler des oeuvres d'art qui nous touchent.

La fascination pour les éléments d'architecture médiévale est une constante de la pensée romantique. Celà tient beaucoup à des notions historiques vacillantes aux XVIIIe et XIXe siècles dans lequel, loin des connaissances actuelles qui tendent à dédramatiser les choses, le moyen-âge conservait totalement son image ténébreuse. Ce moyen-âge mythifié se trouvait tant dans une vision sordide et volontiers misérabiliste ("Notre Dame de Paris"), que dans l'exaltation héroïque de grands personnages historiques ("Rob Roy" de Walter Scott, pour rester dans des lectures dignes d'Emilia).
À la fin du XVIIIe siècle, le moyen-âge, c'est la bulle d'air esthétique pour les artistes de la jeune génération. C'est la rupture totale avec une modernité trop rationnelle. À cette époque, le patrimoine médiéval est globalement en mauvais état en dehors de quelques monuments phares, et même souvent en ruines. La pensée du patrimoine, que le romantisme va profondément faire évoluer, est balbutiante. L'attrait pour le côté déglingué, anarchique, sauvage, des ruines est pour beaucoup dans les représentations romantiques du moyen-âge. Contre la rationnalité à l'antique, l'architecture gothique présente de plus son côté broussailleux, apparemment chaotique (c'est un jugement hâtif car on sait maintenant qu'il n'en est rien); sa lisibilité qui se refuse au premier regard (du moins est-elle alors trop éloignée de la pensée dominante) présente un attraît au moins aussi grand que les mystères de la nature. C'est donc sous les voûtes des châteaux ou dans le dédale des ruelles que le romantisme trouve les lieux propices au mystère. Les cryptes du Docteur Schultz, des moines du Pic des Ténèbres, sont comme le laboratoire de Faust ou de Victor Frankenstein.

La distinction opérée par Gobol me semble être, fondamentalement, celle qui s'opère entre le fantastique "originel" et les autres genres "non réalistes". Le fantastique des romantiques est ce type de récit dans lequel une situation vécue comme normale voit s'insinuer en elle l'extraordinaire et l'inexpliqué. Fondamentalement, le fantastique est l'expression d'un mal-être qui survient pour l'homme ou la femme romantique, il ouvre dans l'univers connu, réglé, maîtrisé, la porte de l'inconnu qui suscite l'angoisse. Dans le fantastique, il peut subsister des motivations anciennes (la vertu et le désir de faire le bien, l'honneur, l'intérêt personnel, l'amour, la haine, la destinée tragique...), mais il s'y ajoute un moteur totalement nouveau à l'intrigue, à savoir cette angoisse et ce besoin irrépressible de s'approcher de ce que l'on ne comprend pas, le plus souvent dans le but de résoudre le mystère. À la limite, cette motivation peut se suffire à elle-même, ou en compléter une autre. Seule constante, les forces mystérieuses qui entrent en jeu échappent partiellement ou totalement à l'homme: soit qu'elles soient totalement extérieures à lui, hostiles ou amicales; soit qu'il les invoque ou les crée, mais qu'elles aient le pouvoir de le dépasser lui-même, de changer sa destinée pour le meilleur ou le pire.
Dans l'autre catégorie, on trouvera les genres où n'intervient pas tant cette confrontation entre la normalité et l'anormal, qui est l'essence même du fantastique; dans ce cas, l'imaginaire n'est plus forcément vécu comme une anomalie, puisque c'est l'univers entier qui, par convention, est différent du réel. Cette "réalité virtuelle" pour dire un mot à la mode, est régie par des principes variés qui peuvent donner naissance à plusieurs genres, au rang desquels: la science-fiction, la féérie, la fable, la fantaisie-héroïque. Ces genres préexistent, cohabitent, survivent, à l'arrivée du romantisme, qui les transforme en se les appropriant.
Les aventures de Yoko, comme je le disais plus haut, me semblent réconciliatrices: l'héroïne classique y gagne en humanité dans les tourments du romantisme, l'héroïne romantique y gagne en universalité à la lumière du clacissisme. Elles me semblent aussi devoir s'inscrire dans la lignée vernienne de fusion harmonieuse entre le fantastique et la science-fiction, qui s'interpénètrent constamment. Cette évolution fut souvent mal comprise. Pourtant, Verne, un siècle après Goethe, me semble représenter la vigueur nouvelle de l'esprit romantique (qui ne pouvait certes pas se passer d'évoluer avec son temps). Roger est pour moi un hériter direct d'une sorte de romantisme à visage humain. Ceci n'engage que moi, naturellement. Enfin je ne m'étends plus là-dessus, ma position étant désormais connue des lecteurs, je suppose.

Mais bon: "Les trois soleils" appartiennent assez nettement à la science-fiction. "Le trio" fonctionne en grande partie sur le mode fantastique. "Les titans" est un volume qui puise aux deux modes de raconter des histoires en y ajoutant une dimension d'héroïsme classique. Les trois récits, dans leur réflexion sur le pouvoir de l'individu sur le destin, la légitimité des sentiments, la capacité de l'homme à se donner des tyrans, à s'auto-détruire par l'ambition ou la peur, mais aussi dans leur modes d'expression exaltant la puissance de l'environnement à exprimer les sentiments de l'homme, et pour bien d'autres raisons encore, les trois récits participent au romantisme.
Ceci montre bien qu'il ne faut surtout pas faire de ces termes (romantisme, fantastique, clacissisme...) des étiquettes. Pour garder leur valeur, à mon sens, ces termes doivent rester ce qu'ils sont: des valeurs de référence, des outils, des instruments de mesure qui nous permettent d'exprimer les sentiments qui naissent à la lecture. Et en aucun cas des façons d'étiqueter les oeuvres et de les enfermer dans des catégories auxquelles leurs auteurs n'ont peut-être même jamais pensé. Je crois que la richesse du vocabulaire critique du lecteur est un bagage personnel qui lui permet de tenter d'exprimer l'indicible par les mots, faire partager l'émotion aux autres. Mais ce vocabulaire tout seul n'est pas autonome, il a besoin de la sensibilité pour servir à quelque-chose de fructueux. Il doit être utilisé non pas forcément avec prudence, mais plutôt avec une sincérité tellement spontanée qu'elle perd au contraire toute prudence, afin de ne pas enfermer les oeuvres.

Edité Mercredi 18 juillet 2007 :23:29 par Hallberg


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Gobol
(@gobol-2)
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Ben c'est bien ce que je disais... je ne fais qu'effleurer des notions dont je n'ai même pas la définition en tête, et qui pourtant correspondent pleinement à ce que je lis et/ou ressens à la lecture d'une oeuvre... Bon, va donc falloir que je copie tout ça et reprenne mes cours, histoire de les compléter pour voir ce que j'ai loupé au lycée pour en arriver à attendre 15 ans avant de piger un tant soit peu ce que nous ont raconté les profs...smiley
En tout cas, c'est bizarre, avec tes explications, j'ai l'impression de mieux comprendre ce que je ressens... ah, la magie des mots ! (non, je n'irai pas jusqu'au "choc des ph..." !smiley)


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Hallberg
(@hallberg)
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Ce que je peux bien en dire est quand-même assez personnel et n'as pas reçu l'agrément de la Commission Européenne, hein. Certains ont l'impression que l'école nous sert à savoir tous la même chose. Je trouve cette approche trop fonctionnelle. L'idéal humaniste de l'éducation n'est pas le moule, mais le tremplin, à savoir qu'à mon sens il s'agit bien plus d'apprendre à se servir de son cerveau que de le remplir avec des choses formatées. En l'occurrence, j'appuie mon approche personnelle du romantisme avec des choses qui ne sont pas nécessairement les références habituelles et collectivement reconnues en la matière par les programmes scolaires. On y parle habituellement plus de Lamartine que de Walter Scott, mais après chacun d'entre-nous fait ses choix.

En fait si beaucoup de gens perdent contact avec certaines notions, c'est aussi probablement parce que beaucoup de gens, même de ceux qui lisent beaucoup, lisent souvent assez peu de littérature "classique", en proportion. Moi j'ai un autre défaut, je lis peu (de littérature proprement dite et de philo) et là-dedans très peu de contemporains. J'aime bien manipuler des outils critiques liés au patrimoine littéraire, mais bon, en amateur et sans trop m'inquiéter de la pensée officielle à ce sujet. Je vis beaucoup avec ces univers de pensée relativement anciens et j'ai beaucoup à apprendre sur d'autres choses.


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Gobol
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Quant à moi, mon principal problème est toujours le même : je suis réfractaire à la lecture "utilitaire" ou "obligatoire" telle que "vous devez avoir lu Moby Dick à la fin de la Seconde !" (résultat, je n'ai jamais réussi à dépasser la page 30 de Moby Dick en seconde, et j'ai été vaccinée contre ce roman, même si je me doute qu'il doit y avoir de très belles choses dedans...).
Du coup, j'ai plutôt fui toutes les lectures imposées par le programme officiel, et pour celles que je n'ai pas pu "zapper", je me suis empressée de les oublier, histoire de me consacrer à d'autres lectures "plaisir", bien plus amusantes à mon goût... Le pire, c'est que je suis intimement persuadée que si je me "plongeais" dans ces bouquins que j'ai fuis quand je devais les lire, je les aimerais et les dévorerais comme il se doit... Ah, chassez le naturel, il revient au galop !
Du coup, c'est sans doute par réaction que j'ai toujours pris un malin plaisir à ignorer passablement le contenu de mes cours de français au lycée. Histoire de jouer les excentriques ? Façon de me rebeller contre l'ordre établi ??? smiley


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Lucterios
(@lucterios)
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Message effacé... Finalement tout ce que j'ai fait ici ne servait strictement à rien... Mes pistes de réflexions n'ouvrent plus l'esprit de quiconque et le principal intéressé se contente de se murer dans son silence ! Là, c'est clair, quoi que décide Hallberg, je pense que pour moi la partie est jouée. Je relisais "les Bijoux de la Castafiore" hier. Il y aurait plein de choses à préciser, mais qu'importe. Cette rencontre faite par le biais d'une machine se résolvera pour moi comme une immense frustration, comme toutes les autres, je le crains. Désolé d'avoir voulu aller plus loin que le discours bêta prôné par certaines personnes ici...

Edité Jeudi 16 août 2007 :00:35 par Lucterios


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Gobol
(@gobol-2)
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**début du coup de gueule gobolien du jour**

C'est, je suppose, un coup de gueule en rapport avec mon précédent message ? Désolée, Lucterios, mais j'en ai ma claque moi aussi. Tu n'es pas content ? ben zut, moi non plus, et ce ne sont pas tes humeurs qui m'empêcheront d'écrire ce que je pense, fût-ce trop peu élevé intellectuellement pour toi. Zut alors ! A chaque fois que j'écris quelque chose, je risque de me retrouver avec tes éclats... et tes menaces de départ ou je ne sais quoi. Tu sais très bien en quelle estime je te tiens, et j'ai beaucoup d'affection pour toi. Simplement, là, je suis en vacances, et je n'ai pas du tout envie de les passer à me prendre la tête avec toi pour une question de définition, de niveau intellectuel... ou autres d'ailleurs.
Tu sais où j'en suis aujourd'hui ?
Nuit blanche, et ce matin, pour la première fois, Gobolovitch est allé tout seul sur le pot, et il s'est très bien débrouillé, ma fois. Alors, désolée de n'avoir pas les même préoccupations ni prétentions intellectuelles que toi, mais voilà, il y a des choses dans la vie sur lesquelles on ne peut pas faire l'impasse. J'ose croire que je fais partie des personnes ici qui essaient justement de donner un contenu à ces sujets "sérieux" du forum. Pas de ma faute si en face, il n'y a personne pour répondre. Zut, je ne peux pas faire la conversation toute seule !

**fin du coup de gueule gobolien du jour**


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Lucterios
(@lucterios)
Illustrious Member
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Revenons au sujet s'il vous plaît : le romantisme de l'Orgue du diable, que j'ai élargi à l'ensemble de l'oeuvre... J'ai aussi posté quelque-part un sujet sur les réminiscences continuelles wagnériennes. Je ne pense pas que l'on ait fait le tour de toutes ces questions ! J'ai aussi ouvert un autre sujet très différent sur l'album n°5, lequel apparemment n'inspire pas beaucoup. Il ne s'agit pas de se quereller avec qui que ce soit (d'ailleurs, Gobol, tu n'étais pas particulièrement visée quand j'évoquais ceux qui tirent le site vers le bas !), mais d'essayer de faire en sorte que cette partie du forum garde son nom et, si possible qu'elle aille au-delà des questions basiques...

Edité Jeudi 16 août 2007 :14:02 par Lucterios


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Hallberg
(@hallberg)
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La fameuse "lecture par plaisir", je l'ai tellement appliquée que j'ai fait l'impasse, à l'école, sur un nombre invraisemblable de passages d'Aragon, de Claudel ou de Duras qui ne me divertissaient pas. En l'occurence, lire de la littérature de mon époque, ça a tendance à m'ennuyer parce que lire une langue qui ne me séduit pas, qui ne me dépayse pas, m'ennuie. Rabelais, Corneille, Hugo, Verne, ça me fait rêver, et lire des trucs de gens de mon siècle qui ont les mêmes problèmes, les mêmes questions et la même langue que moi, ça me donne plus l'impression qu'en moins littéraire, je pourrais lire le journal...

C'est hors-sujet, mais d'une part je crois avoir personnellement contribué au sujet (et je constate aussi qu'on est toujours les trois ou quatre même à le hanter, donc bon...); d'autre-part, je crois qu'au delà de ce qui a été dit, une part du rapport qu'il y a avec le romantisme, c'est l'absence de ce refus (si courant actuellement) de la séduction formelle. La période romantique s'accompagne d'une intense recherche esthétique au sens formel du terme, fort loin du primat actuellement accordé au sens sur la forme.

Les autres pistes ne manquent pas, finalement. Nous avons évoqué le romantisme en tant que surgissement de l'individu et affirmation du sentiment dans le champ littéraire. D'autres composantes méritent d'être évoquées, et notamment le rapport à l'histoire et notamment à un passé mythifié (bien que j'en ai un peu parlé il me semble), et le rôle du voyage dans l'imaginaire romantique. On verra un peu plus tard parce que j'ai sommeil.


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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