Emilia faisait cette interessante assertion très recemment
petrushka a écrit
Juste une certitude: Le début de cet album 25 en cours de fabrication a nécessité beaucoup de remises en forme du début de l'aventure... Roger a coupé, modifié, clarifié...pour qu'à la page 12 tout bascule... et qu'on puisse développer la suite avec le nombre de pages suffisantes...
cela me permet d'aborder un thème qui me questionne depuis bien longtemps:
que pensez vous du rythme dans les récits de Yoko?
a t-il évolué?
est il plus lent, plus rapide ?
sur quoi vous fondez vous pour le dire ?
que pensez vous de la façon dont sont articuler les recits?
sentez vous des changements, des variations?
( idem au niveau des romans pour ceux qui en ont lu )
Edité Samedi 24 mars 2007 :05:14 par Cherrydean
Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
Ce que j'ai pu constater c'est que l'intrigue commençait toujours rapidement, forcément une BD c'est court alors il faut "condenser", dès les premières pages, soit par de l'action soit par une "nouvelle" ou une surprise qui pique déjà la curiosité du lecteur. Je dirais même que la page 12 ça me parait un peu loin pour ça. Mais s'il s'agit d'un "basculement" alors ça veut dire que l'action avait déjà commencé auparavant...
A la fin c'est souvent le grand calme, avec soit un moment de tendresse, soit d'humour pour être une sorte de conclusion. On apprend un peu ce que vont faire les personnages dans leur vie quotidienne (la frontière de la vie se termine par le mariage de rudy et eva, yoko promet à Rosée qu'elle s'occupera d'elle à la fin du dragon de HK, elle se demande si elle va encore travailler pour herzel après le feu de wotan, etc.) C'est à la fin aussi qu'on confirme les amitiés naissantes durant l'histoire(avec ingrid à la fin de l'orgue, avec la comtessse olga à la fin du l'or du rhin).
Pour ce qui est de l'action à l'intérieur des BDs, si on prend, au hasard, l'or du rhin, il y a l'agression de minako dès les premières pages, la découverte du plastic dans sa voiture, la découverte qu'elle est employée de kazuky, ensuite on voit que kazuky est malade, puis à peine une page plus loin yoko se fait assomer par le "spectre" et sauvée par koshi, que l'on découvre être un robot... en fait il me semble qu'à chaque page il y a un nouvel élément d'action ou de mystère.
En fait faudrait toutes les relire, je n'en ai malheureusement pas le temps... mais l'action me semble être constamment sur un rythme assez soutenu, avec qqfois des toutes petites pauses, comme lorsque yoko retrouve Rosée quelques instants à la gare avant de se rendre au pfalz.
En fait cette question serait peut être plus intéressante à étudier dans les romans, car là l'auteur n'est pas obligé de respecter le critère de la longueur, qui est quand même qqch de drôlement astreignant dans une BD
-Edité le: Jeudi 3 août 2006 à 13:41 par Eli-
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Fantôme chouette ou chouette fantôme ?
Gütiokipänjä !!!
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D'ailleur, je me suis toujours demandé pourquoi il y avait toujours 42 ou 45 pages (je ne sais plus le nombre exact) dans les aventures de Yoko.
Est-ce une norme imposée par Dupui ?
Peut être que cette question a déjà été posée, je ne me rappelle plus :s
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Je crois que la question a été évoquée. Je n'ai toujours pas compris pourquoi, apparemment, certains auteurs avaient un nombre déterminé de pages, alors que ce nombre semble varier pour d'autres... chez le même éditeur. Historiquement, si je me souviens bien, on sait qu'Hergé disposait d'un nombre de pages libre jusqu'à ce que la pénurie de papier pendant la guerre ne vienne à contraindre l'éditeur de ne faire des volumes que d'une longueur déterminée - le passage à la couleur en étant la contre-partie... Or cet accord entre l'éditeur et l'auteur n'a pas été remis en cause par la suite, apparemment, puisque même après la guerre, quand Hergé voulait faire un récit de grande longueur, il paraissait en deux tomes.
Après, je pense que c'est un des points sur lequel Emilia peut nous éclairer... L'un des volumes de la série fait une planche ou deux de plus que les autres, si je me souviens bien, et n'a pas eu de dessin hors-texte comme c'est l'habitude dans la plus récente des éditions en volumes simples (celle qui si je ne m'abuse continue d'être commercialisée en même temps que l'intégrale)... C'est donc apparemment que le nombre de pages est limité précisément...
Sans tout relire, à propos de rythme et de temporalité, il me semble que certains volumes sont plus particulièrement marqués par une grande lisibilité de la chronologie. C'est notamment le cas du Septième Code, qui se déroule dans l'espace d'une nuit (au début, il fait jour; à la fin aussi) et où, autant que la précision du découpage, c'est la représentation tout en finesse des différents moments de la nuit et du jour qui sert d'horloge. Ce serait au théâtre, on aurait demandé aux éclairagistes de ménager un camaïeu conduisant jusqu'à l'aurore, dans une succession de teintes somptueuses, et le public aurait été ébloui. C'est extraordinaire.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Un album classique s'établit sur 48 pages imprimables... Cela donne trois cahiers de 16 pages... Un cahier c'est une grande feuille sur laquelle on imprime de chaque côté 8 pages... Plié, cela donne donc 16 pages... On peut ajouter un cahier de 8 pages... cela sa fait parfois...
L'intégrale par ex comporte 176 pages... Ce qui donne 11 cahiers...
Jadis, dans les albums Dupuis, on terminait à la page 46 (44 pages d'histoire + 2 pour le titre du début + 2 réservées à la publicité des autres albums Dupuis et Spirou) Cette publicité ayant été supprimée, on a deux pages blanches à la fin ce qui permet, si on tombe trop court pour finir, de donner une ou deux pages de plus... C'est ce qui est fait dans l'album 1 et 24...
Si la page 47 est occupée par une planche couleur, Roger ne met pas de dessin crayon à la page 48 car la couleur qui se voit par transparence affecte le crayonné...
Le choix de l'éditeur d'opter pour 48 pages est d'ordre prix de revient... qui doit être standard pour tous les albums de ce type...
Voilà ami Hall, j'espère avoir été claire tout en m'appelant toujours Emilia...
Bises!
Merci Claire... Euh... enfin je me comprends.
Certes les collections plus récentes, Aire Libre et autres, ont un nombre de page moins contingenté... et un prix souvent supérieur. Il ne me semble pas illogique de considérer que les séries classiques, qui sont le patrimoine de la BD, soient maintenues à un prix plus accessible, vu que c'est souvent par elles que l'on s'initie à cet art... et notamment, que l'on s'offre avec son argent de poche, étant enfant...
Et deuxième remarque, Claire a été tellement Emilia qu'il me revient maintenant (c'est pas trop tôt) que ces informations ont été données ailleurs, il y a longtemps... Dissimulons donc rapidement cette preuve de mon gâtisme avancé et HEM, revenons aux autres termes de la question de Malko 

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
mon album préféré le 7 : "la frontière de la vie" compte 415 vignettes
le 24 : "le 7e code" en compte 442
soit 27 de plus
ou encore environ 3 pages de plus
sinon l album 7 comporte 46 pages soit une moyenne de 9.4 images par page
alors que l album 24 comporte 47 pages soit 9.02 images par page
il y a donc une plus grande densité ET une plus grande abondance
je ferais le calcul sur d autre echantillons à mon retour de vacances
allez je retourne à mon laboratoire
gné gné gné



-Edité le: Jeudi 3 août 2006 à 22:42 par malko10-
-Edité le: Jeudi 3 août 2006 à 22:43 par malko10-
Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
Pffff... Des chiffres que tout cela. Pourquoi faut-il toujours tout calculer? Remarquez que je peux vous en faire des calculs. À défaut d'être toujours exactes, mes réponses sont parfois originales.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
En tout cas, la réponse d'Emilia a le mérite de mettre les points sur les "i", et c'est vrai que si les prix variaient d'un volume à l'autre, petite fille, je n'aurais pas pu les acheter... J'avais 9 ou 10 ans quand ma mère me laissait seule au rayon bd du supermarché pour que j'aie le temps de choisir quel album j'allais m'offrir avec l'argent de poche durement gagné et épargné longuement, en petite partie aussi sur la monnaie du pain que j'allais chercher... Que de souvenirs...
On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.
Quand j'étais petite j'avais pas d'argent de poche, je devais demander à ma mère chaque fois que je voulais quelque chose... et je les recevais pour Noel ou mon anniversaire. Heureusement elle avait l'air de trouver que les yoko tsuno c'était pas mal. (les choses ont changé depuis qu'elle a reçu son premier tintin et que mes grands-parents étaient pas loin de penser que c'était immoral!
)
Et puis avec 4 grands frères et soeurs avant moi certains livres étaient déjà achetés... une chance pour moi !
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Fantôme chouette ou chouette fantôme ?
Gütiokipänjä !!!
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Chez nous non-plus, ça n'a jamais fonctionné sur le principe de l'argent de poche (d'ailleurs je suis resté nul en calcul élémentaire) mais le résultat était le même, une nouvelle BD se méritait et j'étais prié de ne pas réclamer trop et trop cher... Les premiers albums que mes parents m'ont acheté sur un choix que j'aurais formulé moi-même étaient notamment des Schtroumpfs, de la collection Dupuis conventionnelle et donc effectivement abordables. Comme je le disais, on a probablement tous commencé avec un de ces grands classiques, et il en est certainement encore ainsi pour les plus jeunes d'entre-nous...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Moi j'ai commencé par des Tintin, parce que mon père connaissait. Et puis j'ai eu des Schtroumpfs et des Alix, sans parler des Astérix, mais cela on le lisait à la campagne chez un cousin...
Aujourd'hui, mon neveu réclame tout le temps et tout le monde cède (moi le premier, voir le sujet sur le Second empire, parce que l'on en a qu'un...), mais c'est pas trop la solution. Enfin, si le père l'élève comme cela, on ne peut pas aller contre...
Bien moi, je recevais de l'argent de poche, mais je ne la dépensais presque jamais et je préférais souvent attendre qu'on me donne ce que je souhaitais avoir. Heureusement, je crois que j'étais quand même raisonable. C'est ma tante qui m'a donné la majorité de mes Yokos, quelques-uns par Noël.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Une question qui pourrait être intéressante, dans la lignée de celle de Malko, c'est plutôt de voir le rythme de la série à une autre échelle - et notamment dans ses grandes unités thématiques. Il y a en somme deux chronologies: celle interne à chaque grande unité (volumes vinéens, volumes allemands, volumes "translateur"...), et celle, générale, de la série, qui fait que chaque expérience dans l'un des domaines a nécessairement des répercutions sur la façon dont les personnages abordent ce qui les attend dans un autre domaine, dans les volumes suivants...
De sorte qu'il y a désormais deux ordres de lecture possible, celui, thématique, de la nouvelle édition, et celui, chronologique, de l'ancienne. Je pense que ces deux "sens" de lecture donnent une approche différente.
C'est une fascinante imbrication. Les volumes se suivent dans l'ordre de leur écriture, certes; mais au sein de la série, il y a des volumes qui font écho à d'autres, des jeux de fréquence de tel ou tel thème. Ceci me semble élargir l'horizon de lecture au delà des limites d'un tome. On ne lit décidément pas une série comme on lit un ouvrage isolé, et à plus forte raison dans une série dont la construction présente cette variété.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Je pense que le rythme a un peu évolué, je le trouve un peu plus rapide, comme sur le Porte des Âmes (qui va à mon sens un peu trop rapidement) ou sur le Septième Code(peut-être voulu pour imiter la spontanéité d'Emilia).
Hallberg, j'ai lu les BD de façon chronologique et suite à l'annonce des Intégrales, dans le sens thématique. J'avoue que le sens thématique me plait beaucoup (peut-être parce que plus "récent"). J'ai aussi lu toutes les histoires Vinéennes ensemble. Je les trouve plus dynamiques à la fin, même si je préfère les plus "anciennes". En fait la dynamique de Yoko apparaît plus facilement dans les thémes je trouve.
J'avais lu tous les Yoko étant jeune (enfin sauf les plus récents bien sur), dans le désordre, aux aléas de ceux que je pouvais trouver. Quand je les ai tous eu, je me suis amusée à les lire chronologiquement et j'ai plus compris certains trucs (puisque comme Hallberg l'a dit certains évènements ont des conséquences sur la suite). Les deux grilles de lecture sont intéressantes : la chronologique permet de voir les conséquences des histoires les unes sur les autres et de voir arriver les personnages dans le bon ordre. La thématique permet de mettre en connection les histoires aux mêmes thèmes.
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)



