Je crois que je n'ai jamais lu les Yokos dans l'ordre.
Comme ma découverte s'est fait petit à petit, et au hazard des "pioches", l'ai à chaque fois lu, l'album que j'attrapais.
Généralement, les couvertures étaient décisives dans mes choix. Quand j'ai commencé à mieux connaitre, j'ai choisi selon le style que je préférais.
Maintenant, j'aime laisser courir ma main dans ma bibliothèque et lire le premier tome que j'attrape.
Mais si je me procure les intégrales, je pense que je prendrais plaisir dans cette découverte thémaitique que je trouve judicieuse !
"La terre est bleue comme une orange"
Paul Eluard![]()
"Le chat est entré dans la cage aux lutins"
Je ne pense pas être en mesure de dire quel est l'ordre de lecture qui me parle le plus. Je n'ai jamais pris les volumes dans un ordre déterminé à l'avance. Il m'est arrivé de jeter un oeil rapidement dans un tome antérieur quand quelque-chose ne me paraissait pas clair, mais je ne me suis jamais mis en devoir de relire un volume en sachant lequel je prendrais ensuite. Je me contente donc de lire celui auquel je pense sur le moment, ou au contraire celui dont j'ai l'impression que je l'ai oublié. C'est justement cette double organisation de la série (chronologique et thématique) qui me semble être d'une grande hardiesse. C'est quelque-chose qui sous-tend toute la série et qui n'existe pas dans beaucoup d'ouvrages "multiples". Les auteurs ont des périodes, des thèmes, indépendants de la chronologie de l'écriture, certes; mais ici, c'est plus complexe, c'est une même série, une même oeuvre, traversée de deux dynamiques différentes. Et le plus beau, c'est que ça n'est vraisemblablement pas le fruit d'une spéculation intellectuelle, mais plutôt le travail d'un auteur qui se laisse porter par ses rêves. Alors, bon, j'avoue qu'au départ j'ai trouvé la question de Malko futile, mais à la réflexion, ça va chercher assez loin...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
On peut lire Yoko dans tous les sens et c'est ça qui est génial! Quand j'ai connu Yoko, je les ai lu dans un désordre parfait! Mais je comprennais la BD.. même si je voyais des personnages comme Rosée sans trop savoir d'où elle venait. Mais une fois que je les ai toutes eu, j'ai voulu les lire dans l'ordre chronologique (enfin.. du genre toutes les histoires Vinéennes de façon chronologique, et pas spécialement en suivant le numéro) et certains détails me sont apparus (par exemple le Canon de Kra fait référence au Feu De Wotan et à La Fille du Vent au niveau des personnages) ou je comprennais mieux certaines histoires (ayant lu les Archanges de Vinéa en dernier, j'avais du mal à comprendre qui était cette reine Hégora).
Actuellement quand je les relis, c'est plus un "au hasard" (ceux que je préfère, ceux dont les dessins m'ont beaucoup plu...).
Les Yoko ont la particularité d'être compréhensible dans tous les sens. Et au final c'est le plus important, car je ne pense pas que les gens achètent les albums dans l'ordre. J'ai fait ce petit travail personnellement (les relire dans un sens un peu plus chrono) par volonté de repérer des détails =).
Et le plus beau, c'est que ça n'est vraisemblablement pas le fruit d'une spéculation intellectuelle, mais plutôt le travail d'un auteur qui se laisse porter par ses rêves.
Oui c'est ca le plus beau : il se laisse porter par ses rêves et nous invite nous aussi à se laisser porter! (du moins je crois)
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
Pearl of Light a écrit Je pense que le rythme a un peu évolué, je le trouve un peu plus rapide, comme sur le Porte des Âmes (qui va à mon sens un peu trop rapidement) ou sur le Septième Code(peut-être voulu pour imiter la spontanéité d'Emilia).
je pense aussi que les derniers albums sont plus rapides
cela les rend il meilleurs?
j ai lu qq part ici
que l'auteur avait à un moment donné "appris" à gerer le rythme differement, etait ce au studio Leonardo?
Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
Hé! Hé! Malko! Le studio léonardo reçoit les pages terminées à colorier et n'a jamais mis les pieds dans l'élaboration d'une histoire!
Roger ne calcule jamais ce rythme... Cela dépend du scénario et s'il est plus touffu ou non... Il faut bien mettre tout sur 44 planches!
Bises
Emilia
Des fois, je me demande comment un auteur aussi reconnu que Roger Leloup se cantonne au rythme antique des 44 planches, mais bon, c'est vrai que c'est pas mal de se limiter dans un cadre précis (style tragédie classique !). Paraît que Hergé, finalement s'éclatait là-dedans. Moi si je pouvais reprendre la BD avec un dessinateur qui vaille le coup (pas un fou-furieux qui souhaite recréer la société Thulé ou je ne sais quoi) j'aimerais faire exploser ces conventions, mais je sais qu'il est plus rapide d'écrire que de dessiner, donc...
Bien, je me rappelle qu'Emilia avait déjà parlé qu'il y avait une part du coût d'un album chez le libraire qui entrait en ligne de compte concernant les respect de ces conventions. Est-ce que je me trompe?
-Edité le: Vendredi 1er septembre 2006 à 08:06 par Cherrydean-
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Il me semble que oui: la nécessité pour l'éditeur de garantir un prix constant sur ses séries à la diffusion la plus large. Il me semble certain que Roger Leloup pourrait obtenir, s'il le demandait, un nombre de pages libre. Chez Dupuis, il y a des auteurs qui, à leur premier album, dépassent déjà le nombre de pages standard. Ceci-dit, d'une part on peut admettre cet investissement personnel dans l'accessibilité de son oeuvre (même si on pourrait dire, dans les conditions actuelles, que ça pourrait être à l'auteur de faire un effort).
D'autre-part, effectivement, je comprends tout-à-fait l'état d'esprit consistant à respecter les règles formelles. Personnellement, si je composais "sérieusement" de la poésie et de la musique (ce que je fais ponctuellement pour rigoler), je commencerais par faire des alexandrins classiques et de la musique tonale obéïssant à des conventions stylistiques. D'autre-part, en littérature, je pense que j'ai suffisamment exprimé, dans d'autres sujets, mes réserves quant à la "contemporanité" linguistique. J'estime que l'essentiel de l'acte artistique ne se situe pas dans la remise en cause des conventions mais dans l'action elle-même: il faut créer et, face à cette nécessité, rompre les conventions ou les respecter sont des libertés éventuelles et non des nécessités.
Dans l'esprit de l'art classique, le respect de la forme est aussi le signe de l'adresse technique qui suscite le plaisir de la virtuosité. C'est à mon sens ce qui fait le nécessaire paradoxe du complexe forme-fond - forme et fond sont indissociable et pourraient simultanément avoir une valeur autonome. En somme, un propos pourrait être autonome (il pourrait être seulement verbal et se passer de l'enjeu esthétique),; une forme pourrait l'être aussi en relevant de l'art pour l'art, de l'esthétique formelle suscitant une "admiration" en elle-même. Il me semble que ce n'est que dans la fusion équilibrée des deux, sans que l'un puisse prendre le pas sur l'autre, que l'on s'approche du beau.
Enfin, je crois qu'il faut reconnaitre que créer peut être ludique, et que s'édicter des conventions à soi-même est un jeu de l'esprit.
Enfin, tout ceci n'est que mon opinion personnelle et, de la part de quelqu'un dont les compétences littéraires se résument à parodier la tragédie classique et qui, en tant que musicien, revendique au contraire le droit à l'instinct et à l'autonomie par rapport à sa propre école d'interprétation, c'est peut-être parfaitement déplacé... Enfin bon, on est ici pour s'exprimer et se contredire, non?


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Pour répondre à Malko, la rapidité ne rend pas un album meilleur mais ça ne l'empêche pas d'être très bon!
Personellement, j'aime beaucoup le 7° code.. donc la vitesse ne me gêne pas.
Le fait d'être "restreint" à 44pages est d'ordre financière je crois! Les albums de plus de 44pages sont légèrement plus chers il me semble. Mais je trouve que ce format va toujours à Yoko (ça ne me dérangerait pas que ça fasse 100pages non plus
mais pour l'auteur ca demanderait plus de travail aussi).
Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
Je dois revenir sur ce que j'ai déjà expliqué...
Du temps d'Hergé et des premiers cartonnés en BD, l'es éditeurs avaient fixé la norme classique à 62 pages. Hergé n'a jamais pris de liberté à ce sujet et je vais vous dire ce que Casterman avait conclu en la présence de Roger "Si on leur donne 80 pages, demain ils en voudront 90... Et Casterman de conclure "Je ne puis leur vendre 80 pages pour le prix de 62...
Certains auteurs c'est vrai prennent des libertés mais dans des collections plus libres et le prix est plus libre aussi... De plus regardez bien... le nombre total d'images est souvent le même entre 44 et plus... Les dessinateurs agrandissent leurs cases et cela fait des pages moins touffues mais payées de la même manière... Raymond Leblanc directeur du Lombard à l'époque avait même inclu dans les contrats l'obligation d'un nombre d'images minimum par page... Certains exagérant.
Maintenant Roger a décidé de se fixer si possible sur 44 pages pour Yoko, c'est un choix technique... On ne va pas em... le reste de la maison Dupuis ou autre pour sa satisfaction de liberté personnelle et montrer que "Moi je ne suis pas dans le moule"
Si Roger le voulait, il pourrait augmenter son nombre de pages... Mais le jeu est de raconter une aventure en 44 qui n'use pas de ficelles pour s'en faire payer 62...
A chacun son opinion, la nôtre est basée sur l'expérience et ne nous est nullement imposée par l'éditeur... Mais essayez seulement de replacer en langues étrangères une aventure qui dépasse la norme de pages... Faut choisir...
Amitiés à tous
Emilia
-Edité le: Vendredi 1er septembre 2006 à 14:02 par petrushka-
Mais essayez seulement de replacer en langues étrangères une aventure qui dépasse la norme de pages... Faut choisir...
Euh, je ne suis pas certaine de comprendre. Les maisons qui traduisent des BD ne veulent pas plus de pages que ce standard?
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Les maisons étrangères qui traduisent et éditent les albums travaillent avec le matériel d'origine fourni... Seul le texte change... Si l'original est en 44 planches, comme presque tous les albums tous publics, et C'EST LE CAS POUR YOKO,
leur album aura le même nombrede pages que l'album d'origine... Ce n'est pas un choix mais une obligation technique.
Cela fait trente six ans que cela dure pour Yoko et ce n'est pas demain que l'on va modifier cela... Pour les albums intégrales... Ils sont cde 11 cahiers de 16 pages... Cela donne 176 pages intérieures et on gardera le standard...
Bonne nuit
Emilia
Je suis désolée, ça ne m'embête pas du tout le nombre de pages, mais j'essaie de comprendre ce qui a été dit et je n'y arrive pas. Je comprends que pour une traduction, on fait juster remplace le texte dans les bulles, mais en quoi cela peut-il être influencé par les normes? Pardonnez-moi si je ne suis pas rapide à comprendre.
Pendant qu'on y est, je vais continuer à faire étalage de mon ignorance. Une planche, ça veut juste dire une page ou si ça veut dire plus? Et pour les cahiers, c'est une question technique d'assemblage? Ça fait que c'est plus ou moins solide?
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Une planche, Cherrydean c'est une page mais le n° de la planche (dans le dessin en bas à gauche) ne correspond pas toujours au n° de la page de l'album...
La planche n°1 du 7ème code est à la page 3 de l'album...
Un cahier, c'est une grande feuille de papier sur laquelle on imprime 8 pages d'un côté et 8 de l'autre... Les machines plent cela et cela donne 8 pages recto verso d'un album... Donc 16 pages à lire... cela se présente sous forme d'un cahier... Si tu en réalise 3, tu as la totalité d'un album... Soit 48 pages dont 44 racontent l'histoire... Il reste à ajouter les doubles pages de garde et la couverture cartonnée... A relier et on a un album.
Je ne puis êtrte plus claire.
Un cahier donc, c'est un passage en machine... On imprime ces cahiers un à un et leur nombre détermine l'épaisseur de l'album (11 pour les intégrales donc 176 pages).
C'est complexe vu de l'extérieur mais simple quand un vit dedans cela va de soi.
Bises
Emilia
-Edité le: Samedi 2 septembre 2006 à 10:54 par petrushka-






