Paradoxe de la Théo...
 
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Paradoxe de la Théorie Spatio-Temporelle

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Kaldorion
(@kaldorion)
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Oui, tu as raison, à priori Monya aussi est réactualisée... mais moins souvent, en fait, quand Monya voyage dans le passé, elle réactualise Yoko, mais pas elle.
Mais, en effet, Monya n'est pas non plus l'initiale. Maintenant ça me revient.
Tu as raison, avant d'en dire plus, nous en discuterons de vive voix.
Eh oui, cohérent ne veux pas dire simple.

-Edité le: Lundi 3 mai 2004 à 15:59 par Kaldorion-


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
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Gobol
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Ben oui, j'ai pas tout compris, là, mais c'est comme l'histoire de la photo dans "retour vers le futur", il avait fallu un sacré nombre de posts à Kaldorion pour m'expliquer... Décidément, je dois être réfractaire à la logique mathématique. Pour moi, Yoko devait forcément retourner dans le passé, si le marquis et le peintre l'y avaient déjà vue, sinon, il y aurait eu un paradoxe. Et vous, si j'ai bien suivi, vous dites qu'il y a plusieurs Yoko ? Elles sortent d'où ? Et il y a aussi plusieurs Monya, Rosée, Vic, Pol, Mieke... Tout ça ? Un peu perdue, la Gobol...9)


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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koko
 koko
(@koko)
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Si yoko n'était pas retournée dans le passé ca n'aurait pas posé de problème, simplement le passé n'aurait plus correspondu avec le présent (ce que yoko semble vouloir éviter).

Un retour dans le passé "ressucite" tout l'univers tel qu'il était à l'époque. Quand on revient dans le présent le temps s'écoule à nouveau (cf le magnétophoe dans la pagode des brumes qui a bien vielli de plusieurs siécles) et donc les parents de yoko se re-rencontrent, et refont une nouvelle yoko qui repart juste avant que la yoko précédente revienne.

Il y a donc plusieurs yoko (et plusieurs univers, ce qui rejoint les explications assez fumeuses de monya).


Le cinéphile déviant


   
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Le Grand migrateur
(@le-grand-migrateur)
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Sur le sujet des voyages temporels, je vous conseille de lire un roman de Michael Crichton (oui, oui, celuis qui a ecrit Jurassic Park et produit la serie Urgence), Timeline.

Je ne sais pas si il est dispo en francais, ni le titre si il existe. Mais il a une explication tres bien construite sur les voyages temporels qui rejoint tres bien la theorie des univers paralelle evoque ci-dessus.


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"Ceux qui y sont arrivés 2 fois"
Pancarte


   
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Kaldorion
(@kaldorion)
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de toute façon, il existe plusieurs modèles... incompatibles les uns avec les autres. Nous avons choisi ici de donner le modèle qui "explique" les BDs de Leloup, mais ce modèle n'est pas toujours celui retenu (de toute façon, énormément d'histoires avec voyage dans le temps sont incohérentes, comme retour vers le futur-ce qui n'empèche pas le fil d'être génial. ) contrairement aux Yokos, qui sont parfaitement cohérents de ce point de vue là.


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
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koko
 koko
(@koko)
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Le sommet de la choérence reste quand même la trilogie des terminators qui ne nécéssete qu'une timeline (pas besoin de créer des univers parralléles à chaque voyage)...

C'est d'autant plus impressionant que le film ne fait pas dans la finesse....


Le cinéphile déviant


   
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Kaldorion
(@kaldorion)
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Oui, en effet...la modélisation de terminator est la plus simple en fait...et il n'y a pas le problème des "effets indésirables" (grace aux faibles retour en arrière effectué à chaque voyage) que Leloup est obligé de négliger (commme on l'a déja dit ailleurs, elle a changé beaucoup de choses dans le passé, le présent devrait donc être très différent). Le seul défaut de la modélisation "terminator" sans univers parallèles, est qu'un "méchant" pourrait "bloquer l'univers" en créant une "boucle temporelle". Il programme sa machine machine pour remonter 3 minutes avant.... il n'y touche pas pendant 3 minute...et l'univers est condanné à rester comme ça éternellement.


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

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pnumekin
(@pnumekin)
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Personnellement, je trouve que Terminator est plutôt un modèle d'incohérence...
Je l'ai déjà écrit dans un autre topic, et Kaldorion m'a déjà soutenu le contraire, mais je n'en démors pas...
Le thème du voyage dans le temps est un de mes favoris dans le roman de SF, et j'ai beaucoup lu sur le sujet. Je suis devenu très exigeant sur la gestion des paradoxes liés au voyage spatio-temporel. Il existe plusieurs façons de les aborder, mais il est extrêmement important que l'auteur ne sorte pas de la ligne qu'il a choisie au début. Or Terminator ne respecte pas ce principe, et l'histoire ne tient plus debout à cause de ça.
D'ailleurs, il n'y a pas que sur le voyage spatio-temporel qu'il est incohérent. Par exemple, il pose un principe comme quoi seul ce qui est vivant peut faire le voyage, et c'est pourquoi les voyageurs arrivent nus dans le passé, et ne peuvent emporter d'armes avec eux. Mais on se rend compte ensuite que le Terminator n'est qu'une machine de métal recouverte de chair qui ne lui sert à rien puisque même entièrement détruite, il continue à fonctionner. Alors qu'est-ce qui empêchait cette machine d'être équipée d'une arme? Et n'aurait-il pas suffit d'envelopper une arme avec des steaks tous frais pour la trimbaler dans le temps?
Non, je n'aime pas du tout les Terminator...


La violence est le dernier refuge de l'incompétence.


   
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Kaldorion
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Pour le coup des Steaks, tu as bien raison. c'est une louphoquerie, cette histoire de chair. mais je parlais de la modélisation "spatio temporelle proprement dite".

Bon, je vais décrire les choses en respectant le principe de causalité, et tu me diras où est le problème.

2003. Skynet prends le controle du monde. 2003+t1 la résistance bat les robots. 2003+t2, Les robots, en train de perdre, envoient un terminator dans le passé. La machine à remonter le temps n'est rien d'autre qu'un appareil à remettre toutes les molécules de l'univers comme elles étaient en 1984, en ajoutant en plus le terminator. La résistance envoie dare dare un homme à la même époque (il y a un délai avant que l'univers soit "recomposé come en 184").

Les 2 terminators s'affrontent en 1984 (premier film) après que le premier film ait lieu, le microprocesseur de Terminator est récupéré et analysé par une équipe qui mettra au point des ordinateurs et robots qui prendront le pouvoir en 1997. en 1997+t3 la résistance bat les robots. en 1997+t4 les robots envoient un terminator en 1991 (terminator 2), les résistants font de même. l'univers est reconstitué comme il était en 1991 à la molécule près, à part les 2 terminators. Le microprocesseur qui devait "accélérer" la prise du pouvoir par les robots est détruit ainsi que le chef de l'équipe qui l'analysait. ainsi la révolte auras lieu avec le lacher de Skynet, en 2003, comme c'était initialement prévu. en 2003 + t5 les robots envoient encore un terminator, tout commme la résistance, en 2003, juste avant l'apocalypse nucléaire... qui ne sera pas évitée.. mais l'équuie du héros a été en partie liquidée, ce qui ne permets donc pas d'augurer de l'avenir.

L'interêt de cette modélisation résulte dans le fait qu'il n'y a pas "vraiment" de voyage dans le temps. un personne extérieure à l'univers verra le temps s'écouler linéairement.. il s'agit du système de sauvegarde utilisé dans les jeux vidéos. je peux te regarder jouer. ton personnage remonte dans le temps quand tu charges une sauvegarde, mais l'heure de ma montre continue à s'écouler.

Voila, alors, dis moi ce qui te parait incohérent (du point de vue spatio-temporel) dans le déroulement de l'affaire. donne moi des éléments précis où ma modélisation (par définition cohérente, puisque notre univers est cohérent, et que les jeux vidéos, ça marche.) ne "prévois" pas ce qui devrait arriver dans terminator, s'il te plaît.

-Edité le: Mardi 1er juin 2004 à 11:45 par Kaldorion-


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pnumekin
(@pnumekin)
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En fait, j'ai été tellement déçu par le premier épisode (qui selon moi ne méritait en rien le grand prix d'Avoriaz) que je n'ai pas pris la peine d'aller voir les deux autres.
Je n'avais donc pas saisi cette histoire de "recréer l'univers" avec une légère différence.
ça sous-entendrait donc que le "présent" est détruit pour être remplacé par un "passé modifié" qui devient donc le nouveau présent, c'est ça ?
Dans ce cas, il faudrait que le "méchant" et le "gentil" soient envoyés exactement en même temps, à moins qu'il n'y ait une sorte de temps de latence entre le départ et l'arrivée, car cette période correspond à la destruction de l'univers entier et son remplacement par un autre (on ne fait pas dans la dentelle...).

De ce dont je me souviens, rien de tout ceci n'est expliqué dans le premier film. Les scénaristes auraient donc essayé de se racheter par la suite?


La violence est le dernier refuge de l'incompétence.


   
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Kaldorion
(@kaldorion)
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Ah, je commprends ! je me cite moi même. "La résistance envoie dare dare un homme à la même époque (il y a un délai avant que l'univers soit "recomposé come en 184"). " donc, oui, j'ai postulé qu'il y avait un délai, pour que ce soit cohérent, mais ce n'est pas dit dans les films ! La notion de cohérence ne signifie pas que "tout est dit". simplement que "rien n'est contradictoire", ce qui est le cas. le modèle dont je parle n'est pas "dit" dans terminator, mais, il fait quelques lignes, et il explique tout, c'est ça ce que j'appelle la cohérence (sinon notre univers seraît incohérent. les lois de Kepler, elle ne sont "écrites" nulles part, elle sont dites par nous pour expliquer les choses.

Donc les scénaristes n'ont pas essayé de "se racheter par la suite", mais le fait que les 2 suivants opus obéissent à la même règle que le premier montre bien qu'ils n'avaient pas fait les choses au hazard, mais dans une optique cohérente.

Quelque chose d'incohérent, c'est par exemple ll'univers de "Retour vers le Futur". les photos "non imprégnées", ou la "photo d'herbe à pa place de la tombe" ne devraient pas exister. dans le cas général, par exemple, une réinjection temporelle vers le passé (les actes de la personne agissent sur le futur, mais aussi sur "lui même" avec un temps de retard" puisqu'il vient du futur) est incohérente.

-Edité le: Mardi 1er juin 2004 à 12:00 par Kaldorion-


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Pio2001
(@pio2001)
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Nous avons donc trois modèles de voyages dans le temps :

Espace-temps à une seule dimension (voir premier message d'Oresias), espace-temps à univers multiples (voir premier message d'Oresias), et "modèle de la sauvegarde" (voir premier message de Kaldorion).

Personnellement, je penche pour le premier, auquel a d'ailleurs fini par adhérer Leloup, parce que c'est le seul que je trouve vraisemblable, et il est entièrement expliqué par la théorie de la relativité générale, alors que les deux autres font appel à des phénomènes inexpliqués.

Examinons-les plus en détail.

Le second modèle, à univers multiples, est celui le plus répandu en science fiction. Il faut dire que c'est aussi celui qui permet les scénarios les plus riches et intéressants. Dans ce modèle, une machine à voyager dans le temps permet à quiconque de rejoindre une époque donnée. Il est alors libre de modifier le cours historique des évenements, et ainsi de changer l'avenir (c'est-à-dire le présent de ceux qui ne sont pas partis dans le passé avec lui).

Exemples :

Retour Vers le Futur :
Marty vit dans une famille de prolos avec un père looser... Il va dans le passé, transforme son futur père en héros aux yeux de sa future mère, et de retour dans le présent, se retrouve dans une famille de bourges...

La Patrouille du Temps, de Poul Anderson :
Le chef : "Voyez ce document d'époque : en l'an xxxx, deux personnes aparraissent, font ci, font cela etc"
L'agent spatio-temporel : "Pourquoi s'en faire, puisque nous avons déjà réussi ?
-Mais non, bon sang, vous n'avez toujours rien compris aux voyages dans le temps ! Vous n'avez PAS réussi ! Si vous laissez tomber maintenant, personne ne réussira votre mission dans le passé, et le document que je viens de vous lire n'aura jamais existé..."

Le gros problème de ce modèle, ce sont les paradoxes temporels qu'il crée. Dans Retour Vers le Futur, la façon dont les personnages disparaissent de la photo qui vient du futur au fur et à mesure que le cours des évenements se modifie, et que leur existence est de moins en moins probable, est grotesque.
Prenons un exemple plus proche de nous (La Spirale du Temps) : vers la fin du XXe siècle, Stephen Webbs invente la bombe à contraction, qui est à l'origine de la fin du monde en 3872. C'est un fait qui s'est réellement produit. Au même moment, Monya l'en empèche, et il ne le fait pas. Comment peut-il à la fois, au même endroit et au même moment, faire et ne pas faire quelque chose ? La réponse couramment admise, vaguement cautionnée par la théorie des univers paralleles de Hugh Everett en mécanique quantique (qui n'a rien à voir avec les voyages dans le temps), est que l'univers se scinde alors en deux branches. Dans la première branche d'univers, c'est la fin du monde. Dans la seconde, ce n'est pas la fin du monde.

Dans le premier modèle en revanche, celui de l'espace-temps unique, on considère qu'il est impossible que deux choses différentes et exclusives se produisent simultanément (par exemple l'invention de la bombe et sa non-invention). En gros on se dit "il n'y a pas de paradoxe, parce que c'est impossible". Ce qui conduit, comme dans l'Astrologue de Bruges, le Matin du Monde, ou encore dans Les Maîtres du Temps de René Laloux (d'après Stephen Wul) les conséquences d'actes commis dans le passé à pré-exister dans le présent, avant que le voyage dans le temps ait lieu, comme le tableau de Yoko et Monya, peint au XVIeme siècle.
En revanche, ce modèle pose le paradoxe du libre arbitre, illustré dans L'Astrologue de Bruges p15 :
Yoko : "Je n'ai pas encore fait ce voyage vers le passé!
-Et... vous allez le faire ?
-J'y suis forcée ! Sinon comment Van Laet et le marquis pourraient-ils m'y avoir rencontrée ?"
On se demande bien quelle force surnaturelle la pousse à faire ce voyage. Elle pourrait très bien décider de ne pas le faire... Ce qui ficherait par terre le modèle à espace temps unique !

Enfin, Kaldorion nous propose un modèle de "sauvegarde" différent des deux précédents.
Dans ce modèle, le voyage dans le temps n'existe pas. On reste dans le présent, mais la machine à voyager dans le temps modifie le présent de façon à le transformer en passé. Elle transforme tout ce qui existe en tout ce qui a existé, rajeunit les gens, démolit et reconstruit les batiments, etc. Ce qui résoud les paradoxes temporels et de libre arbitre : la machine peut faire ce qu'elle veut.

Personnellement, je n'adhère pas à ce dernier modèle. Sa première faiblesse est de ne pas expliquer comment la machine peut agir sur la matière contenue dans l'univers. Si elle est capable de rajeunir les gens, par exemple, pourquoi ne l'utilise-t-on pas pour éviter le vieillissement? Si elle est capable de construire des batiments, pourquoi ne pas l'utiliser sur les chantiers pour bâtir les immeubles ? Bref, pourquoi en faire une bête machine à voyager dans le temps, puisque son pouvoir est illimité ? Techniquement, c'est l'oeuf magique des schtroumpfs, ou la lampe d'Aladdin. On fait un voeu, et hop, la machine le réalise. Où trouve-t-elle l'énergie nécessaire ? Elle agit sur tout l'univers, elle devrait donc consommer une énergie infinie...
Et puis, il y a un problème dans ce modèle : que ce passerait-il si deux machines à voyager dans le temps étaient actionnées en même temps, mais pour se rendre dans des époques différentes ? Les deux machines essaieraient de changer l'univers pour le mettre dans l'état de destination choisi, mais elles en seraient empêchées par l'autre machine, qui veut faire l'inverse !
On peut toujours répondre que c'est la première qui gagne, ou la plus puissante des deux, mais la faille principale de l'idée est que cela reste du domaine de la science fiction pure. Une telle machine n'est pas plus plausible qu'une lampe d'Aladdin, ou un Oeuf des Schtroumpfs, ou une sorcière exauçant trois voeux.

En revanche, en physique, l'idée de voyage dans le temps n'est pas tout à fait invraisemblable. La théorie de la relativité générale autorise en effet, dans certains cas purement théoriques, un voyageur à se retrouver dans le passé de l'univers alors que le temps n'a cessé de s'écouler vers le futur pour lui. Le phénomène permettant ceci est appelé un "trou de ver". Il s'agit d'une configuration topologique de l'espace-temps (topologique = géométrique) dans laquelle se placer à un certain endroit à un certain moment mènerait à être entraîné dans le passé.
Dans son livre sur les trous noirs, Jean-Pierre Luminet, astrophysicien, décrit ce à quoi pourrait ressembler un trou de ver. Un trou noir en rotation pourrait en effet être l'entrée d'un trou de ver. Au centre du trou noir se trouverait une "singularité" (=matière effondrée en un point infiniment petit) en forme d'anneau. Traverser cet anneau pourrait revenir à emprunter un trou de ver.
On peut tout à fait imaginer que notre univers comporte des trous de ver. Le problème c'est que l'on en a jamais vu aucun, et aussi que, dans la mesure où l'espace-temps semble homogène et isotrope, dans le cadre de la théorie du Big Bang, on ne voit pas trop comment des trous de ver auraient pu apparaître dans l'univers. On a également montré que malgré l'analogie avec les trous noir en rotation, les trous noirs formés à la mort des étoiles ne peuvent pas donner naissance a des trous de ver.

Retenons tout de même l'idée : une machine à voyager dans le temps construit un trou de ver, puis l'emprunte pour se rendre dans le passé de l'univers. Que deviennet les paradoxes temporels dans tout ça ? Eh bien il n'y en a pas, car nous sommes dans le premier modèle de voyage dans le temps : à univers unique. C'est en effet dans le passé du même univers que le trou de ver débouche. Les évenements s'y déroulent de la même façon qu'ils se sont déjà déroulés la première fois, et il est impossible de les changer. En effet, on imagine le trou de ver comme un chemin à emprunter pour se déplacer. Mais sa construction se fait en dehors de l'écoulement normal du temps.
Je m'explique : la théorie de la relativité générale nous permet d'imaginer que notre univers comporte des trous de ver, mais par "notre univers", il faut comprendre ici que l'on ne parle pas de l'espace, mais de l'espace-temps ! Donc, non pas seulement de "notre univers", mais de "notre univers" et aussi de "son histoire". L'espace, ET le temps. Nous pouvons donc accepter l'idée qu'on trou de ver existe, ait existé, ou existera, mais concevoir son existence nous force à le raccorder à notre univers et son histoire en deux points (départ et arrivée), avec une suite d'évenement donnée, et une seule, entre les deux. Imaginer deux suites d'évenements possibles nous fait complètement sortir du cadre de la théorie de la relativité générale pour nous aventurer dans la science fiction pure.

Ainsi, si la science permet les voyages dans le temps, elle interdit du même coup la notion de libre arbitre. On peut interpreter cela de deux façons au moins.
Une façon est de relativiser la notion de libre arbitre en la soumettant aux lois de la physique. Un professeur d'Université dont je n'ai malheureusement pas retenu le nom racontait dans une émission de télé : "Si je décide de marcher la tête en bas sur le plafond de cette pièce, c'est mon libre arbitre. Personne ne m'empèche de vouloir voler comme un oiseau ou marcher au plafond. Mais mon libre arbitre se heurte à la loi de la pesanteur. En essayant de monter au plafond, je vais me casser la figure. Je ne peux pas faire tout ce que je veux". De la même façon, si on se rend dans le passé, on en peut pas faire tout ce qu'on veut. Si nos parents se sont rencontrés, cela veut dire qu'on a pas empèché cette rencontre, même si on était là, et qu'on a essayé de le faire.
Une autre façon de résoudre ce paradoxe du libre arbitre est de se rappeler que l'existence du trou de ver conditionne la structure de l'espace-temps auquel il est raccordé, donc l'histoire de l'univers. D'ailleurs, il n'y a pas de différence entre la structure de l'espace temps et la matière qu'il contient, la courbure de l'espace-temps en un point n'est autre que la masse située en ce point. Donc le voyage dans le temps ne se conçoit pas indépendament des voyageurs qui l'empruntent, et de ce qu'ils font.
Donc quand on contemple l'histoire de l'univers, telle une machine à construire les trous de ver (donc à voyager dans le temps), il faut bien se demander où on va connecter le point de départ et le point d'arrivée. Puisqu'il y a des voyageurs dans la machine, et qu'ils vont en sortir, on ne peut connecter le trou de ver que dans un endroit où ils sont bel et bien sortis de la machine à voyager dans le temps pour entrer dans l'histoire. Autrement dit, on en est réduit à imaginer non seulement le voyage dans le temps, mais tout ce qui en découle. C'est bien comme la relativité générale le suggérait : on peut imaginer un univers contenant des trous de vers, mais pas imaginer en rajouter dans un univers qui n'en a pas.
Dans ces conditions, imaginer qu'un enfant empèche la rencontre de ses parents est impossible. Cela ne nous permet pas de terminer la construction du trou de ver, parce que le raccord ne "colle pas".
Il serait donc très facile dans le cadre de la relativité générale, de construire des univers avec trou de vers menant très loin, sans que les personnes l'ayant emprunté ne puissent directement agir sur leur propre passé, mais très compliqué de construire des univers à petits trous de ver, où des gens recontrent leurs parents, par exemple.
Ainsi la relativité générale n'autoriserait pas n'importe quels voyages dans le temps, mais seulement ceux qui ne provoquent pas de paradoxes temporels.

C'est pourquoi lorsque le problème des paradoxes temporels est abordé, je préfère les histoires qui tournent en rond. C'est plus réaliste. J'aime aussi les autres histoires, à univers multiples, comme la série des Valérian, et j'ai aussi bien aimé "L'Oeuf et les Schtroumpfs". Mais sur le plan strictement scientifique, ce sont des histoires que je trouve moins vraisemblables.


Dans un espace vectoriel discret, les boules fermées sont ouvertes.


   
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Oresias
(@oresias)
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Début du sujet  

Voilà une théorie fort intéressante. Tu as démontré et argumenté, de manière claire et abordable, si bien que même moi j'ai compris là où d'autres ont vainement essayé de démontrer de manière peu concise et abracadabrantesque des théories intéressantes, certes, mais quelque peu farfelues.

Et j'adhère à ta théorie. Mais elle voudrait dire aussi que l'entreprise de Monya dans la Spirale du Temps est vaine.
Notons au passage que le translateur est un superbe baromètre puisqu'il est capable de prédire la météo avec une anticipation de 1800 ans.

Kaldorion a dit:

Bon, je vais apporter ma pierre à l'édifice, et contredire Oresias.

Décidément, c'est un vice, chez toi.



   
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Gobol
(@gobol-2)
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Ben moi aussi je vais contredire Oresias, mais ne m'en veut pas !
De mon côté, j'ai lu avec attention les derniers messages, et je n'ai toujours pas tout compris. Mais plus je vous lis, et tente de comprendre, plus j'en arrive à la conclusion que décidément, je ne dois pas avoir l'esprit scientifique. Je l'avais trouvée très bien, moi, l'histoire de Retour vers le Futur ! J'avais beaucoup aimé aussi celle du Terminator, mais je n'avais pas saisi qu'on n'y parlait pas de la même chose, et que l'une était cohérente et l'autre pas... Je les trouvais logiques toutes les deux, mais partant d'un postulat différent... On ne se refait pas, un jour, je ne désespère pas de comprendre tout cela !smiley

-Edité le: Vendredi 16 juillet 2004 à 10:24 par Gobol-


On ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre.


   
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Oresias
(@oresias)
Noble Member
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L'explication de Pio2001 me paraît assez claire.
Après, ouais, pour les films, c'est plus marrant dans un scénario d'adhérer à la théorie du paradoxe temporel.
(Ça me fait penser à une certaine série animée où le personnage principal s'avère être son propre grand père).
Dans Terminator, ce que j'aime bien, c'est que le môme, né en 1984, a au moins 14 ans en 1992.
A part ça, je le trouvais assez bien monté. Bon, le fait que seule la matière organique pouvait voyager n'a pas de sens. Un organisme vivant est plus complexe qu'une matière non organique. Mais, bon, c'est pour les besoins du scénario, et James Cameron n'est pas Einstein.



   
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