Yoko est peut-être, si vous me passez l'expression, un personnage "multiforme". Dont la forte personnalité, la tendance à l'héroïsme, la capacité de compassion, l'intelligence et l'impulsivité sont toujours présents, mais dosés en fonction de chaque situation. Et pour cause, elle est notre guide dans le récit. Pour cette raison, d'une part Yoko touche un peut tout le monde en tant que personnage "universel" qui fait à peu près la synthèse de toute l'humanité que l'auteur veut mettre dans ses livres; les personnages secondaires, plus centrés sur un registre particulier, vont intéresser plus individuellement un lecteur ou un autre, selon ses goûts et sa sensibilité particulière.
Pour ma part, histoire de couper les cheveux en quatre, je dirais que le plus souvent je suis ému avec Yoko plus souvent que par Yoko. De sorte que je ressens une empathie quand quelque-chose l'émeut, disons que j'ai l'impression de ressentir en même temps qu'elle. Les cas où c'est directement elle qui m'émeut sont un peu plus rares et plus isolés, ce sont ses moments de doute mais, surtout, les instants que je refuse de nommer des faiblesses, où elle se livre un peu plus. Par exemple, globalement, Yoko m'émeut dans La Fille du vent.
-Edité le: Mardi 30 mai 2006 à 15:32 par Hallberg-

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Hallberg dit :
où elle cesse se livre un peu plus
qu'ek ça veut dire ? 
A bientôt ... 
Fung
Coquille corrigée!

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Concernant Yoko, je dirais qu'elle m'a ému tout spécialement dans "L'écume de l'aube". Elle vit là des moments intenses, décisifs dans sa vie. J'ai pleuré plus d'une fois dans la lecture de ce livre.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
-
Jusqu'ici, personne n'évoque le cas d'Isora! Il faut croire que La Porte des Âmes a laissé un trop mauvais souvenir dans les esprits! Les pleurs que lui destine Yoko à la fin de l'aventure n'émeuvent qu'elle-même et semblent complètement factices.
-Quant à Xunk, il s'agit d'un de mes personnages préférés (vous vous doutez bien que je ne l'ai pas choisi en médaillon par hasard)! En dépit de son immense stature, "le faible" passe pour un colosse aux pieds d'argile! Son "humanité" est pathétique mais son appartenance à un groupe extra-humanoïde le condamne d'avance à une mort certaine. Et comment oublier la fameuse citation de Yoko : les formes qui différencient les êtres importent peu si leurs pensées s'unissent pour bâtir un univers.
-Mais s'il est un personnage plus émouvant que jamais, c'est tout simplement Emilia, jeune orpheline. Tout le monde aurait souhaité avoir cette petite roussette comme soeur, copine ou même comme confidente! Même ses défauts la rendent attachante, vous ne trouvez pas?
Fred BELMONT
Nous venons de votre futur!
Oh oui, Emilia est émouvante, surtout dans certain passages, mais je dirais que l'aspect psychologique de cette dernière est complexe et qu'on le découvre bribe par bribe. Il me tarde de la découvrir davantage.
Pour Isora, c'est plus compliqué. Les pleurs de Yoko à la fin de cet album m'ont parus ceux d'une personne épuisée par les événements, impuissante devant ce qu'elle souhaiterait changer. Mais ça, ce n'est que ma façon de voir les choses.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Tu as bien compris Cherrydean... C'est un Yoko fragile qui voit une amitié lui échapper... Yoko craque à cet instant...
En ce qui me concerne, rassure-toi, je ne vais pas changer...
Bises
Emilia
-Edité le: Jeudi 1er juin 2006 à 11:04 par petrushka-
Euh... Fred et Emilia, faut que je vous dise un truc. Je n'ai pas de petite soeur
et au départ, bon, dans une bonne partie du Septième Code, j'ai trouvé en toi (Emilia) une personne d'une certaine dureté, un caractère rugueux, quelqu'un à qui au contraire, j'aurais eu du mal à me confier, par peur de cette rudesse. Après, à la fin, tout change. Pour percer à jour les gens qui ont tendance à se faire une carapace alors qu'ils sont aussi sensibles que les autres au fond d'eux-mêmes, il faut souvent être capable de commencer par leur tenir tête un peu crânement. Or je n'ai pas l'habitude de me démonter devant une divergence d'opinion même violente, mais j'ai tendance à m'écrouler devant un de l'agressivité même feinte. Donc bon, dans l'immédiat, je ne me crois pas capable d'avoir Emilia comme petite soeur... Ou alors, ce serait une petite soeur qui me tirerait les cheveux (juste renversement des choses...
)
En revanche, il y a une chose assez différente.
Quand j'étais lycéen, je cotoyais au conservatoire un garçon qui était à proprement parler un adolescent "en crise", oh pas de façon violente, il avait seulement le verbe un peu haut et la provocation facile, mais imaginez le contraste par rapport à ma propre vie d'enfant unique couvé dans une atmosphère de douceur... Bref le genre d'individu que je ne fréquentais pas et auquel je n'avais pas grand-chose à dire. Mais une enseignante nous faisait régulièrement jouer ensemble, et dans tout ce qui était "sans paroles", le courant passait très bien, je sentais vraiment qu'il réagissait très bien à mes intentions musicales, et c'était probablement réciproque. Il y avait vraiment une entente d'ordre peut-être artistique alors qu'on n'avait aucun atome crochu pour le reste. Vers la fin de notre "collaboration", au bout de deux ans passés à se retrouver épisodiquement autour de la musique, déjà, le personnage semblait s'être adouci et moi, je me laissais moins démonter par sa rudesse. Je n'ai pas cherché outre mesure à rester en contact et peut-être que si je l'avais fait, on serait potes, actuellement.
Ceci pour dire: si j'avais Emilia pour petite soeur, certes peut-être qu'elle m'en ferait voir parfois, mais on pourrait faire de la musique ensemble, au moins, et là il est évident qu'elle posséderait un élément immédiat pour m'apprivoiser. C'est du reste exactement ce qui s'est passé lors de la lecture, à la fin de l'ouvrage... Alors qu'avant je me mettais à la place des adultes de l'histoire sur le mode "houla, à leur place je me serais effondré", à la fin, j'aurais tout donné pour cette rencontre. L'émotion doit sans doute passer par de petites épreuves, parfois...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
En ce qui me concerne, rassure-toi, je ne vais pas changer...
Non, mais je suis certaine que je vais apprendre, dans le prochain album, à encore mieux te connaître. Avec Yoko, je l'ai découverte peu à peu, et à chaque histoire j'ai appris à la connaître davantage.
Deux roses sur une branche... la première se fana et mourut... l'autre n'y survécut...
Moi c'est Minako Yasuda, dans lOr du Rhin. Son personage est sûrement l'un des plus tourmenté de la saga.
Je me permets de soulever un point de discipline interne, mais il est demandé aux participants à cette question de ne proposer que des réponses argumentées. Sinon, il est assez clair que ça ne serait qu'un catalogue. Ceci est valable partout, mais encore plus dans un sujet qui, si tout le monde était sybillin, deviendrait une énumération.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
AOKI.
Pas d'intérêt sans arguments
, donc argumentons... :
Avant de m'émouvoir, Aoki a suscité chez moi l'admiration (Ecume de l'Aube et la Fille du Vent), il a l'apparence d'un homme "parfait", accompli par ses compétences physiques, artistiques etc, et ses compétences de véritable pédagogue..(confirmées par ce qu'est devenue notre Yoko!)
mais là où il m'émeut c'est qu'il n'est pas heureux car n'a pas accompli son devoir, sa destinée...qui pour un kamikaze est sans billet retour... Finalement le but de sa vie est le sacrifice, alors qu'il sait qu'il ne reverra pas ceux qu'il affectionne en faisant cela. Son devoir est le plus fort... ah il m'a fait verser des larmes Aoki dans La Fille du Vent...
Et là, ma citation-signature prend un autre sens....
Les grands bonheurs viennent du ciel, les petits bonheurs viennent de l'effort.
Proverbe chinois.
Un très beau sujet qui ne mérite pas de rester aussi longtemps dans l'ombre, et aussi loin dans la liste...
Je ne pourrais pas, à proprement parler, évoquer un personnage qui m'émeut, même si je suis d'accord avec tout ce qu'il s'est dit de Xunk et d'Aoki. Il s'agit plus d'une situation, d'une scène, d'une réaction ou d'une parole qui vient toucher la corde sensible quelque part au fond de moi.
Vic m'émeut beaucoup dans cette scène du Feu de Wotan où, dans la tour de capture de la foudre, lors de la dernière tentative, Yoko manque de se faire foudroyer et où il hurle littéralement son nom.
De même pour Yoko dans sa détresse, au fond du cratère de message pour l'éternité, quand son planneur s'écrase contre la paroie (il y a d'ailleurs l'un des plus jolis portraits de Yoko en noir et blanc, dans la nuit tombante) ; ou quand Aoki se sacrifie dans la tornade et qu'elle le perd définitivement après ses retrouvailles ; ou quand elle se repose sur Vic, à la fin du feu de Wotan.
Mais aussi Mieke dont le regard est tellement chargé d'espoirs lorsqu'elle découvre sa coiffure pour Pol, attendant un miracle... qui se produit finalement.
Il y en a beaucoup d'autres et c'est ce qui fait la richesse de cette série, ces moments d'émotion, au détour d'une page, entre deux scènes d'actions tambour battant.
Je vais en rester là pour l'instant. Pardon si j'ai fait un peu "catalogue".
frac
PS : toutes ces scènes sont tirées de ma mémoire à l'instant, j'ai peut-être commis des erreurs...
Si tu te frappes la tête contre une cruche et que ça sonne creux, n'en déduis pas forcément que c'est la cruche qui est vide...
Non, non, cela ne fait pas catalogue. Tu fais très bien de souligner les qualités humaines de la série qui la rend si attachante à nos yeux, entre autres choses, et en fait une véritable oeuvre d'art, pas une simple distraction au sens pascalien du terme ou non !...
Edité Jeudi 29 mars 2007 :14:16 par Lucterios
C'est trop difficile de choisir un personnage, ils ont tous une part d'émotion importante. Il est vrai que ce sont plus les scènes, selon moi, qui font toute la magie. Grace à cette qualité des personnages d'être plus vrais que nature.



