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Yoko candide?

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kroco poco
(@kroco-poco)
Famed Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 2652
 

Nan, ça d'accord, quand je parle de réalisme, c'est dans le petit détail qui tue, le héros à qui il va manquer 5 centimes pour acheter son paquet de clope etc... des petits détails que l'on ne verra jamais dans Yoko Tsuno, et que l'on a jamais vu dans Tintin... Je voulais entendre par là, qu'à l'image des courants littéraires, Yoko Tuno est empreint d'une poésie très différente de celle actuelle...


Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...


   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
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J'approuve tout-à-fait vos précisions sur ce qu'on est en droit de nommer réalisme, et je souscris à la définition qu'en fait Kroco-Poco.

Le "pseudo-réalisme" auquel Kaldorion fait référence est malheurement une acception fausse du terme.
Je crois que globalement, dans les pensées actuelles (voir le cinéma autant que la littérature,mais aussi le journalisme et le documentaire), il y a une confusion globale entre "cru" et "réaliste". Le fait de ne pas se voiler la face devant ce qui est effectivement désagréable, par rapport à un monde idéalement pudique et calme, a pu passer pour du réalisme, mais le principe a été dévoyé. Comme ce qui est propret et gentil est désormais réputé "irréaliste", ce qui est cru, même à outrance, est jugé "réaliste"; ce qui permet, simple exemple, de voir des polars dégoulinants de poursuites en voiture et de jus de framboise que le grand public qualifie de réalistes! Le paradoxe veut que certains téléfilms policiers "tous publics" tentant de faire un tout petit peu de "cru" sans se départir de leur ton invariablement chaleureux et provincial, paraissent en comparaison bien pus dignes de l'adjectif "réaliste". Voyez la télévision publique les soirs de semaine par exemple.

Pour aller encore plus loin dans les sujets hautement polémiques, je serai tenté de dire qu'une partie des gens qui cotoient les comportements de "non-droit" réapparus en force dans les milieux urbains, ou ceux qui consacrent leur vie (noble projet que je ne conteste pas) aux plus démunis, se persuadent d'être les plus proches de "la vraie vie telle qu'elle est" parce qu'ils sont témoins ou acteurs des phénomènes les moins reluisants et les plus scandaleux de la société, mais aussi, il faut bien le dire, phénomènes statistiquement minoritaires (même si nous n'avons pas le droit de les ignorer). Cet exemple exprime, je crois, ce que j'appelle confusion entre cru et réaliste. Le réalisme, à mon avis, c'est que les vies de tous les citoyens sont différentes...


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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kroco poco
(@kroco-poco)
Famed Member
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Oui, c'était dans ce sens là que j'entendais le réalisme... Le réalisme, c'est s'approcher de la réalité quotidienne de chaqun, notamment dans les différences qui nous sépare de notre voisin.
Dans la peinture du XIXème, le réalisme c'est la représentation de scènes du peuple, où chaqun peut s'identifier à travers l'apparence du personnage.


Von Schnappi Krocovitch Yaourtski de Bergerac, KrocoSoup onctueuse a base de Danone et Fils de Maitre Yaourtberg...


   
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zorglub
(@zorglub)
Trusted Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 82
 

Attendez, pour moi en BD le réalisme n'est lié qu'au trait.
Yoko = BD réaliste
Blueberry, Corto Maltese, Blake et Mortimer.... = BD réaliste, en opposition à :
Spirou, Astérix, Luky Luke = style humoristique ("gros nez")

Tintin navigue entre les deux, on parle de semi-réaliste, selon l'époque.

Bien entendu il y a corrélation entre la forme et le fond.

A mon avis ces définitions du "réalisme" sont propres au langage de la BD, et sont éloignées de l'acception qu'on en fait dans les autres moyens d'expression : roman, ciné, télé etc..

êtes-vous d'accord ?



   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
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D'accord sur le malentendu et la distinction du réalisme du trait propre aux arts graphiques au sens large, BD, peinture et cinéma d'animation.

Moins sur l'adéquation entre la forme et le fond.

Ce n'est pas une évidence dans la mesure où les trois exemples cités (Blueberry, Blake & Mortimer, Corto), dotés formellement de ce type de dessin, n'ont aucune prétention au réalisme du fond. Il ya toujours une convention formelle artistique à l'œuvre, comme le thème hautement improbable de "l'aventurier romantique international" (cas Corto, B&M). Prenons l'exemple Blueberry. Personnage qui, n'étant pas un héros indéboulonnable et invincible mais plutôt un anti-héros, peut prétendre à être humainement et psychologiquement réaliste. En revanche il se situe dans un environnement social, culturel, etc qui relève de la convention et du folklore plus que d'une revendication de restitution réaliste des Etats-unis du XIXe. On sait certes que, contrairement à la légende dorée colportée par une partie de la littérature et du cinéma américains, le "far-west" n'est pas un monde rempli de héros et de méchants détrousseurs de banques quand-même un peu romantiques, mais plutôt un milieu délétère peuplé d'émigrants pas très nets, pour ne pas dire les ratés du monde "civilisé" (Europe et région Est de l'Amérique du Nord). On en fait des versions cyniques (Leone) ou parodiques (Lucky-Luke), mais on n'en continue pas moins à faire du "western", genre régi par des conventions, porteur d'un folklore et de poncifs ne visant pas le réalisme...

Il en ressort que les aspects "irréalistes" que constituent ces conventions de genre n'appellent en rien un dessin réaliste, et que par ailleurs, certains aspects réalistes (comme la figure de Blueberry sur le plan psychologique) pourraient tout autant s'exprimer avec un autre type de dessin...

Mais là, franchement, je vous autorise à me dire que je pinaille comme un dingue! Navré! smiley


Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler


   
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renaud
(@renaud)
Reputable Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 347
 

Pour le réalisme du dessin il convient de rappeler que la BD franco belge se découpe en 3 genres principaux

-le dessin comique type Astérix
- le dessin semi réaliste auquel je rattache yoko ou tintin
- le dessin réaliste type bluberry ou XIII

La distinction entre les 3 genres peut sembler discutable car on peut faire du drame avec des personnages à priori comique et de la comédie avec des personnages réalistes et les genres ne sont jamais séparés par des frontières nettes.


Ce monde est froid et cruel. Nous n'y trouverons que l'amour que nous y mettrons.


   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
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Ah mais je ne conteste pas ces distinctions sur le plan du dessin; ce que je conteste est une confusion fréquente entre forme et fond.

Plus exactement le fait que les séries dont le dessin est dit "réaliste" ou "semi-réaliste" puissent être qualifiées de globalement réalistes dans leur contenu. Comme je le signalais dans mon précédent post, pour beaucoup, elles font certes appel à des personnages psychologiquement crédibles et refusent les libertés avec la vraisemblance que l'on trouverait dans un récit humoristique; elles se situent également dans un cadre géographique, historique cohérent sinon exact; mais la plupart n'en restent pas moins liéees par des conventions de genre, conventions pûrement poétiques ne pouvant pas prétendre être le reflet de la vie réelle.

Ces conventions de genre sont celles que je citais en exemple (western, aventuriers internationaux, espionnage et j'en passe). Disons tout-au plus que ces séries "se prennent au sérieux", ce qui ne doit pas les faire passer pour du réalisme!

(Mon propos se limitant au courant de la BD franco-belge classique, car il existe sans-doute d'autres courants privilégiant le réalisme du fond).


Opération Sisyphe
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kroco poco
(@kroco-poco)
Famed Member
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Posts: 2652
 

Je suis entièrement d'accord avec Hallberg, On ne peut pas mélanger fond et forme. Quand j'ai commencé à parler de réalisme et de romantisme dans la bédé, je parlais de la philosophie de l'oeuvre, de son "état d'esprit". après on peut discuter savoir si le dessin est caricatural ou pas, c'est encore autre choses.
La série en elle même transmet une idée, une philosophie, et c'était de ça que je parlais... smiley


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Kaldorion
(@kaldorion)
Illustrious Member
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Posts: 11799
 

D'accord pour vos deux notions de réalismes. Séparons bien dessein et fond.
En effet, "se prendre au sérieux" serait plus approprié que "réaliste".
Je remarques qu'il existe à mon avis une BD réaliste pour le dessin, et assez pour le fond (c'est un destin assez spécial, mais il pourrait exister) c'est Buddy Longway. Ici, pas de héros sauvant 10 fois la planête, ou du moins son peuple, échappant 100 fois à la mort. mais un brave colon qui aspire à vivre tranquillement.
Au sujet de l'ouest américain, saviez vous qu'aux époque considérées, il mourrait plus de personnes par balle à New York en un jour que dans tout le Texas pendant un an ?
Peut-être des immigrès pas trop clairs, un peu lyncheurs, mais pas trop flingueurs non plus. smiley


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
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Hallberg
(@hallberg)
Illustrious Member
Inscription: Il y a 23 ans
Posts: 10550
 

Exactement, et c'est là que des parodies façon Lucky-Luke font mouche (en jouant au contraire la surenchère comique): les prétendues terreurs, bandits romantiques au grand cœur façn Jeesie James ou Billy the Kid, étaient plutôt des crétins ayant volé une ou deux banques, tué et été tués d'une courageuse balle dans le dos assénée par l'un de leurs pairs. Ensuite, quand on voit ce que la légende en a fait...

je vois que Buddy Longway n'a pas fini de faire parler de lui dans ce forum... Sans doute, s'il était parmi nous, refuserait-il ces honneurs...


Opération Sisyphe
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Kaldorion
(@kaldorion)
Illustrious Member
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Posts: 11799
 

Ce n'est pas le Héros que je portais aux nues, mais son histoire.
As-t-on jamais vu une BD qui a refusé quoi que ce soit ? smiley


La vérité naît de la contradiction. Donner ses arguments, c'est reconnaître que l'on peut avoir tort.

l'art est un aliment pour la piété du pauvre peuple. Détruisez l'art, déformez le goût d'un peuple, et vous lui oterez sa piété.


   
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Morgane
(@morgane)
Honorable Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 585
 

Yoko n'est pas le genre de personnage qui voudrai vivre tranquillement sa viesmiley, pesonne ne la pousse a risquer sa vie pour aider tout le monde.


Aner vetù vahor,
Ib aùndas ev ib elsha nogenanse...


   
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red phénix
(@red-phenix)
Noble Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 1566
 

elle est seulement serviable et ne peut s empecher de vouloir sauver des vies ou donner un coup de main pour assouvir sa curiosité car c est quand meme quelqu un d extremement curiex



   
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Morgane
(@morgane)
Honorable Member
Inscription: Il y a 22 ans
Posts: 585
 

Et de tétue, décidée,... Le portrait de Yoko est très complet!


Aner vetù vahor,
Ib aùndas ev ib elsha nogenanse...


   
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