La femme est un être de contradiction, mon ami !
Etain andiu sund amné
Oc Sídh Ban Find iar nAilbe
en allant en Bretagne
si vous y tenez vraiment
si les mises en garde n'ont pas suffit
voici un dernier avertissement sur la Mayenne, que vous allez etre obligé de traverser :
orj Chalandon,
54 ans,
est journaliste à Libération depuis 1975. Il a couvert des événements comme la guerre du Liban, le Tchad, le drame de Bhopal, la Somalie, l'Afghanistan, la guerre Iran-Irak ou la guerre du Golfe, mais aussi les faits de notre quotidien.
Ses reportages sur l'Irlande du Nord et le procès Klaus Barbie lui ont valu le prix Albert Londres en 1988.
Après Le petit Bonzi (Grasset 2005), Une promesse est son deuxième roman.
AU LECTEUR
'est d'une pierre qu'est né ce roman. Vraiment, je crois que tout est né d'une pierre. Une pierre mal taillée sous ma main, un soir de Mayenne et de pluie. Une pierre d'angle de mur, à hauteur de bras tendu, la pierre sur laquelle on s'appuie lorsque les forces manquent. Ou comme ça, pour rien, juste pour le froid d'une maison de bourg.
Je crois que tout est né d'une maison de bourg. Une bâtisse lourde et basse, de ces pierres fatiguées, ces ardoises en éclats qui glissent lorsque le vent se lève. Je crois que tout est né du vent.
Un vent d'ouest, un vent d'automne venu de loin, plein d'embruns et de sel, un vent à toucher les vagues, à effleurer les cailloux, à tapager les cimes pour s'en venir miauler dans les rues du village comme un vieux chat blessé. Je crois que tout est né du village.
Un village de Mayenne. Un village sans nom. Un village peu importe, avec sa rue droite, ses odeurs de labours, son silence du soir, son bar qui va fermer, juste avant la vraie nuit. Je crois que tout est né du bar.
Un bar paysan, un bar ouvrier, un café d'hommes. Un café de silence et d'habitudes prises. De journal parcouru. De doigt à la casquette. De col relevé avant d'ouvrir la porte. De mains serrées. De verre servi trop plein sur un simple regard. Je crois que tout est né d'un regard.
Le regard du patron qui observe la rue, la veste fatiguée de l'homme à mobylette, la partie de cartes qui se murmure au fond, l'étagère à verres et le buste en plâtre d'un lutteur antique. Je crois que tout est né de cette statuette, ce Milon de Crotone, fils de Diotime, disciple de Pythagore, chef de guerre et athlète. Vainqueur d'Olympie, des Jeux pythiques, des Jeux isthmiques qui avait pour lui la force et le respect. Je crois que tout est né du respect. Dans ce village, dans ce café, sous ce vent d'ouest tout chahuté de pluie, voici quelques hommes, et aussi quelques femmes, qui tous ont en commun une vieille maison de bourg. Qui ont tous en commun le couple qui l'habite. Je crois que tout est né d'un couple. Un couple ancien, un couple en crépuscule mais le sourire aux lèvres. Un couple amoureux de tout, les yeux de l'un dans le coeur de l'autre, attentifs, respectueux, droits et dignes. Vraiment, je crois que tout est né de la droiture et de la dignité. D'une envie maladive, impérieuse, absolue de dignité et de droiture. Vraiment, je crois que tout est né de cela.
Souvent, je me suis demandé où vont les personnages quand finit un roman. Cette fois, je leur ai demandé d'où ils venaient avant de commencer. C'est comme ça que je les ai choisis. Un à un, j'ai cherché à savoir qui ils étaient. Je les ai suivis dans la rue du bourg, et encore alentour, jusqu'aux champs de labeur. J'ai poussé la porte du café, j'ai serré la main de Lucien, le patron, que tous appellent Bosco, en mémoire de la Bretagne. Je me suis assis à la table aux cartes. J'ai demandé à Berthevin pourquoi les autres le surnommaient l'Andouille. J'ai écouté Ivan raconter les grandes luttes cheminotes. J'ai regardé Madeleine rougir aux mots des hommes. J'ai eu l'honneur de prendre en main les clefs de Paradis. J'ai marché aux côtés de Léo, son vélo entre nous, quand il rentrait au soir sous le regard fidèle de son Angèle morte. Je crois que tout est né de la fidélité. Et il a fallu des heures, des nuits, des mois, pour que personne ne lève plus les yeux à mon approche. Pour que le Bosco me serve son vin de soif dès la porte poussée. Il m'a fallu tout ce temps de respect pour qu'un jour, ils me parlent de ce couple amoureux. De Fauvette et d'Etienne, qui vivaient dans la maison de bourg, en sortie de village. Et qu'ils racontent leur promesse. Une promesse insensée. Une promesse que tous avaient faite au Bosco. Et aussi à Fauvette, et encore à Etienne. Une promesse magique. Une promesse de vie. Une promesse d'amis les yeux fermés. Une promesse secrète, une promesse de braves gens, de coeurs immenses. Une promesse à tout jamais. Je crois que tout est né d'une promesse. Le serment de sept âmes vives à deux âmes sombres. La parole donnée pour retarder le deuil.
Parce que tout est né de ce deuil, du refus de la mort. De la peur qu'elle retrouve sa route, qu'elle voie le village du haut des grands tilleuls. Qu'elle s'engage sur le chemin d'Etienne et de Fauvette, qu'elle les reprenne, qu'elle les vole, qu'elle les arrache aux pierres de la maison du bourg. Je crois bien que c'est d'une pierre, qu'est né ce roman. »
Sorj Chalandon
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au fait cher Lucterios
heureusement
Tonton Malko est là pour te soigner et t'apaiser
il te faut juste un petit
sparadrap!

Edité Lundi 30 octobre 2006 :14:59 par malko10
Edité Lundi 30 octobre 2006 :15:00 par malko10
Edité Lundi 30 octobre 2006 :15:06 par malko10
Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
C'est un jeu débile de l'aveu même de son créateur. Tu dois le refourguer à quelqu'un qui n'a rien demandé et qui s'en fout autant que toi, sinon plus, c'est le principe de l'innocente victime. Ce jeu est profondément docteur-madesque.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Non point. S'il s'agissait de l'Hadès, je l'aurais entré au fichier clientèle. Il doit se promener quelque-part chez un de nos confrères et néanmoins concurrents, confrère travaillant dans le secteur des mythes celtes à en juger par la façon dont l'intéressé fut envoyé ad-patres.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Ca va pas dans ta tête ? Le nom du dieu des morts chez les Celtes est tellement imprononçable que l'on ne le dit qu'en latin : "Dis Pater". Donc, je te renvoie le fichier clientèle illico presto (et avec cette cochonnerie de... Comment dites-vous ? Ah oui : sparadrap en prime !
)
Edité Lundi 30 octobre 2006 :19:06 par Lucterios
Remarque bien que ce jeu particulièrement crétin, ce qui est une grande qualité dans le défouloir, se pratique de la façon suivante: tu refourgues le sparadrap à un gugusse de passage en copiant l'image de l'objet juste derrière un de ses messages. La règle du jeu se trouve dans la rubrique aux jeux intellectuels, et l'auteur en étant mort, j'ignore ce qu'il en est désormais, mais comme nous sommes morts aussi, on doit pouvoir comprendre.
Pour le reste, il me semble que ça va bientôt être le samain, et ici, il risque d'être confondu avec une commémoration daubiste (le sacamain). la graphie est trop proche.

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
Nan, mais il a un blème là. Samain, selon le calendrier luno-solaire des Celtes et les infos de ce vieux schnock de Pline (H.N. XVI, 249 , mort bêtement en voulant observer d'un peu trop près la libido de Vulcain, ça lui apprendra tiens !) c'était le sixième jour de la lune, donc hier dimanche. Halloween, selon le calendrier crétin phallocrate romain amerloque (dixit Vindonissa) c'est demain soir...
Mais pour moi c'est la vieille notion celtique nationaliste, "nos ancêtres les Gaulois", "mort aux cons" qui triomphe, donc Malko est passé de vie à trépas et je refuse de me plier à ce jeu stupide du sparadrap. Na ! L'avait qu'à le poster ailleurs son truc, pas dans mes plates-bandes celtiques...
Edité Lundi 30 octobre 2006 :19:39 par Lucterios
Donc en résumé, on ne joue pas entre morts? Mais alors, la mort, c'est même pas drôle...

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
J'sais pas... Parfois j'me sens l'humeur d'un gros barbare qui mange de l'ail quand je vois des types en costume-cravate "prisu" style croque-mort même pas "Aldo la classe" (et en plus ils n'ont même pas l'Alfa qui va avec !...) qui essaient de venir piétiner mes plates-bandes, donc j'suis pas trop d'humeur à rigoler, et ils ont d'la veine que j'ai laissé mon épée longue de style La Tène III c à la maison, sinon Esus aurait de nouveaux clients...
Edité Lundi 30 octobre 2006 :21:03 par Lucterios
du paradis des agents secret je t'en conjure...
fait suivre cette [barre]salo[/barre] jolie compresse ouatée
sinon je serais obligé de hanter ton sujet jusqu'à la nuit des temps...














Les intégrismes et les extremismes sont des refuges pour les plus faibles;
avec Yoko, faisons progresser la connaissance et l'amitié
Apparemment, hanter n'est pas un problème ici 
On est même des spécialistes, alors je t'en pris joint toi à nous 
Nous sommes une petite bande de fantômes bien éduqués. Nous hantons par ci par là sons toutefois faire de gros dégâts.
L'ambiance est bien sympathique et pour en faire partie il ne faut pas être entrée encore dans un certain lieu nommés enfers.
(cf. Proserpine & co)
Bref c'est sympa 







