Effectivement, c'est une voiture restaurant en teck de la Compagnie des Wagons-Lits, mais la 2419 de l'armistice de 1918 n'est pas encore sortie d'usine... Notre train comporte un salon sans cuisine, n°255, ex-Club-Train britannique réaffecté aux lignes de la Normandie, et le restaurant avec cuisine n°252 de la même provenance. Les fauteuils sont d'un velours sompteux, la décoration est du plus grand chic et le service est stylé... On y mange aussi bien que dans un vrai restaurant, et pourtant la cuisine est minuscule. L'équipe réalise des miracles pour proposer aux voyageurs une carte digne des meilleures tables parisiennes...
Un tel luxe n'est pas proposé au quotidien sur la ligne, mais aujourd'hui est un jour particulier. On est dimanche, et pour ceux qui ne prendront pas le bateau de Londres (où leur voyage, si Neptune est d'humeur pacifique, se poursuivra avec le même raffinement), c'est le train de plaisir: les parisiens vont voir la mer! Les tenues élégantes sont de rigueur, on n'a pas oublié chapeaux et ombrelles. Une fois à la plage, la plupart d'entre-eux n'iront pas bien loin dans l'eau, en dehors des excentriques. Certains de ces citadins utiliseront même les services de ces cabines de bain montées sur roues que l'on approche au plus près de l'eau. La plus grande partie de la journée se passera néanmoins sur les promenades de planches qui parcourent le haut de la plage, et on y sera correctement vêtu: il ne s'agit surtout pas de bronzer. Le bronzage est l'appanage des paysans qui passent leur journée aux champs; le parisien, et à plus forte raison la parisienne, se doivent d'avoir le teint clair, d'une fragilité diaphane. On ne se mélange pas aux gens de la campagne, quand bien même on y aurait ses ancêtres...
Les enfants courront sur les quais dans leur costume marin. Et ce soir, au retour, l'on se réunira autour d'une coupe de Champagne dans le bar de la voiture salon. Que de charme, que d'élégance... C'est la belle époque: le progrès des sciences, mis au service de l'industrie, annonce un âge d'or dont on ne peut pas imaginer la fin...
Edité Mercredi 28 février 2007 :00:29 par Hallberg
Edité Mercredi 28 février 2007 :00:30 par Hallberg
Edité Mercredi 28 février 2007 :00:32 par Hallberg

Opération Sisyphe
Avec la participation des ascenseurs Schindler
C'est tout à fait cela... Je sors de manger dans un bouchon lyonnais en bas de chez moi, au milieu des trucs immondes pour touristes... Au menu, que du frais : saucisson chaud et tournedos... Viande normande, mais cuisine lyonnaise, Beaujolais-villages sublime et Brouilly (parce que le patron venait juste d'en faire rentrer de nouveau et qu'il ne s'était pas assez reposé... C'est assez honnête pour le souligner !). Donc, si vous viendez à Dieppe, les Parigots, vous allez "chez l'Gros" de ma part, n'est pas ?
Bon, quand est-ce qu'on part ? Quand est-ce qu'on mange dans c'te cercueil roulant ? Ouais, c'est même pas drôle... La gamine ne peut même pas tirer la langue aux bourgeoises guindées !
S'il n'a que ça pour te faire plaisir, je peux le faire :















Mama Pearl : la maman fantôme officielle!
Ne pense qu'à tes rêves.. les bétises des autres ne les terniront pas..
(Emilia)
Mais enfin, tu n'as pas honte ? Pardonnez là, Madame de Cambremer, elle a un côté un peu faubourg comme cela, mais c'est une brave fille dans le fond !
Bon quand part-il ce train ? Ma montre est en train de devenir toute molle et je suis en retard... Ah non, ça c'est dans l'autre sujet, saperlipopette !
Le pire c'est qu'elle y a mis les formes si je puis dire...
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Fantôme chouette ou chouette fantôme ?
Gütiokipänjä !!!
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Bah la marquise de Cambremer, c'est une vieille peau qui traite l'amie d'une de mes relations de cocotte donc elle ne l'a pas volée, mais je suis obligé de faire l'offusqué parce que cette brave femme vient d'acheter une belle automobile à mon père qui en fabrique à Levallois.


