• premier numéro de Hop!
    News,  News -Yoko dans les médias

    Le premier numéro de Hop!

    Dans ce premier numéro de Hop!, paru il y a à peine 50 ans, pendant l’hiver 73-74, on trouve entre autre, une interview de Roger Leloup et un article de Serge F.Bertrand. Pour ce remettre dans le contexte, c’était à l’époque pour la future parution de la Forge de Vulcain.
    A la page 28, vous trouvez une bibliographie intéressante, faite par Louis Cance avec la participation de Roger Leloup. La quatrième de couverture est illustrée par un dessin inédit et plutôt original de Yoko, qui sera édité à part, par Hop! sous forme de carte postale que vous trouverez dans notre galerie en cliquant ici.
    La revue (ou fanzine) Hop ! a été crée par Louis Cance, la revue existe toujours et on vous invite à aller visiter leur site, le prochain numéro le N°167 est en préparation.

    A lire en cliquant sur l’image.

    Hop !

  • Hop !
    Articles,  Yoko dans les médias

    Hop ! N°1

    Couverture Hop! N°1
    Voici une interview et un article tirés de l’excellent fanzine Hop ! N°1 de Louis CANCE. On retrouvait aussi dans ce numéro la publication de “La belle et la bête” en noir et blanc des Aventures Electroniques, comme dans le sommaire ci-dessous.
    “La science fiction chez Roger Leloup” est une traduction par Danny De Laet d’un article de Serge F. Bertrand ou Bertran (contactez-nous si vous avez des infos). L’illustration est de Michel Pouget. Notez enfin la publication de l’image de deux héroïnes qui combattent des insectes géants qui deviendra les Titans, 5 ans plus tard.
    Roger Leloup au Travail
  • La lumière d'Ixo
    Les articles des fans

    Interview de Vittorio Léonardo

    Il s’agit d’une interview faite par un de nos membres, à savoir Raphys2002 à Hornu en Belgique, le 18 mars 2006. Raphys, s’est improvisé reporter (ou peut-être que c’est sa vocation). C’est une petite interview, mais très précieuse car c’est la première exclusivement pour le site! Pour votre information Vittorio Léonardo et  son équipe, ont mis en couleur nos Yoko Tsuno depuis 1970.

    La colorisation était faite à la gouache, par Béatrice jusqu’à l’Astrologue de Bruges. A partir de la « La porte des âmes », les planches sont colorisées à l’ordinateur.

    Pour connaître un peu mieux Vittorio voici une page de nos amis de la Bédéthèque


    Interview de Vittorio Léonardo


    Raphael Duleu – Pouvez vous, vous présenter et dire votre parcours professionnel ?

    Vittorio Léonardo – Je suis Vittorio Leonardo, ami de Roger, coloriste historique des grands dessinateurs des éd. Dupuis des années 60. Je suis le suis devenu par libre choix et par amour de la couleur et des techniques d’imprimerie. J’ai commencé par le scénario et le dessin d’une série restée sans suite: Barbotine. J’ai fait mon apprentissage de la BD d’abord en autodidacte, puis j’ai rencontré Morris, Remacle, Franquin, qui m’ont conseillé. Mon métier de retoucheur chromiste en imprimerie et ma longue pratique de la peinture m’ont amené par après à mettre en couleurs les bandes dessinées de mes collègues! A mes débuts, mes couleurs ont été tellement appréciées par les dessinateurs et la rédaction de Spirou que M. Paul Dupuis à décidé de me confier les mises ne couleurs de toutes les séries de son édition! J’ai ainsi mis en couleurs les premières pages de Yoko Tsuno!

    R.D. – Quel est le processus de la colorisation d’une bd et plus précisément, sur un album de Yoko Tsuno?

    V.L. – Roger fait son dessin en noir et blanc, puis fait une maquette couleurs sur une photocopie. Ensuite, par ordinateur, je fais une mise au net des couleurs.

    R.D. – De nos jours la colorisation se fait donc par ordinateur, est ce que la gouache ne vous manque pas de trop ??

    V.L. – Non non non du tout !!! la gouache ne me manque pas du tout, par ordinateur tout est devenu plus simple et plus précis, et les possibilités de nuances sont infinies! Ceci dit, je fais de temps en temps des peintures à l’huile.

    R.D. – avez-vous un souhait pour votre avenir ?

    V.L. – J’aimerai consacrer un plus grand nombre d’heures à l’écriture de scénario.

    R.D. – un petit mot pour nos amis Yokotsuniens ?

    V.L. – Ils ne savent pas la chance qu’ils ont de pouvoir lire les BD de Yoko tsuno , avec des personnages si vrais, si authentiques, venus du fond du coeur de Roger: il les fait vivre, les fait vibrer. Il s’implique énormément dans son travail afin qu’ils prennent vie… si Roger fait souffrir un de ses personnages, il souffre également… Sa bande dessinée n’a pas le but commercial de bien d’autres: Roger la fait par amour.      

    R.D. – Merci beaucoup pour votre gentillesse, et à bientôt !!  

    Interview réalisée par Raphael Duleu alias Raphys2002

  • Circus N°29
    Yoko dans les médias

    L’entretien du mois: Roger Leloup

    Voici une interview de Jean Leturgie parue dans la revue Circus N° 29 du 29 juillet 1980, lors de la parution de La Lumière d’Ixo. Merci à Renaud.
    Circus Magazine
    Jean Leturgie
    L’ENTRETIEN DU MOIS: ROGER LELOUP
    Quand on aborde une aventure de Yoko Tsuno, on est immédiatement frappé par la qualité d’imagination qui s’en dégage. Conteur né, Leloup excelle i bâtir une atmosphère. II est autant à l’aise dans l’évocation des mystères du passé que lorsqu’il s’attache à décrire un futur dont la technicité raffinée n’est pas sans funestes prolongements.
    Cette vive imagination est complétée par un sens très aigu de la construction du récit. Etre clair et simple est une des principales exigences de Leloup narrateur. D’où son goût affirmé pour les trames strictes et linéaires, dont la fantaisie n’est cependant jamais absente, on le sait !
    L’une des grandes forces de Leloup a toujours été de ne jamais se contenter du simple développement d’aventures passionnantes, mais de réussir à y introduire a chaque page, un large esprit de compréhension et d’humanité.
    Formé à l’école réaliste d’Hergé, grand admirateur d’Edgar P. Jacobs, Leloup a retenu de ses illustres prédécesseurs le souci du détail et le goût de la documentation. Avant de commencer l’élaboration d’un album, il prend le maximum de renseignements sur le sujet qu’il va aborder: il se procure des ouvrages sur la question, consulte des spécialistes, assemble des photographies.
    Il procède lui-même au découpage, au croquis, à la mise au net et même au lettrage, avec une précision et une conscience qui font de chacune de ses planches un véritable joyau. Son dessin est net, précis, sans bavures et, en même temps, plein de vie et de mouvement.
    Une planche complète lui prend six jours de labeur. Et il répète volontiers, à ce propos, sa formule personnelle. Pour réussir une BD, dit-il, il faut “20% d’inspiration et 80 % de transpiration “. C’est tout !
    Roger Leloup, vous avez débuté dans la bande dessinée en collaborant aux studios Hergé. Comment y êtes-vous entré?
    J’étais à l’époque étudiant à Saint-Luc – école d’arts ? et il s’est trouvé qu’à quelques pas de chez mes parents habitait un monsieur nommé Jacques Martin, l’auteur d’Alix. Mon père tenait une boutique qui était à la fois : parfumerie, tabac et salon de coiffure, et Jacques Martin s’y fournissait en “after shave”. Il lui a demandé s’il ne cherchait pas un collaborateur pour les vacances. C’est ainsi qu’un jour, Jacques Martin m’a donné une mise en couleurs d’Alix à faire. Je l’ai exécutée et par la suite il m’a demandé de travailler pour lui. Je faisais donc les couleurs d’Alix et en même temps nous réalisions l’histoire de l’aviation avec le personnage de Tintin. Cette collection qui comprenait différents thèmes n’a pas eu beaucoup de succès, car les volumes n’étaient envoyés que contre timbres “Tintin”. Dans cette histoire de l’aviation, je dessinais les avions ; j’ai une passion pour l’aviation, passion qui m’a poussé à faire des études graphiques approfondies dans ce domaine. Nous envoyions nos planches par la poste et, un jour, Hergé a pensé qu’il serait plus simple de réunir en un seul endroit les gens qui travaillaient pour lui. C’est ainsi que je me suis trouvé engagé aux studios Hergé.
    Vos débuts de collaboration à la série “Tintin” se situent à quel moment ?
    Aux environs de 1953, Les studios Hergé se situaient à l’époque au-dessus de la loterie coloniale. Je travaillais toujours pour Jacques Martin et, parallèlement, j’ai fait mon premier travail pour Hergé. 11 s’agissait de la gare de Genève. Dans “L’affaire Tournesol”, premier travail, première erreur, car j’ai dessiné un toit vitré qui dans la réalité n’existe pas. Par la suite, j’ai réalisé surtout la partie technique des décors de Tintin, c’est-à-dire voitures, avions, etc., car Hergé voulait un spécialiste pour ce genre de travail, J’ai d’ailleurs eu le plaisir de collaborer
    à la nouvelle version de “L’Ile Noire”. Je dis plaisir, parce que “L’Ile Noire” fut le premier album de bande dessinée de mon enfance. J’ai également conçu l’avion du milliardaire dans “Vol 714 pour Sydney “. J’en ai fait une maquette qu’Hergé conserve chez lui. J’étais également chargé du lettrage des albums, d’une partie des dessins publicitaires…
    Pourquoi avoir décidé de voler de vos propres ailes et qui plus est dans une maison concurrente à celle de Tintin ?
    J’ai réalisé que je travaillais sans être connu puisque sous le nom d’un autre et que, bien qu’étant largement rétribué pour mon travail, il serait peut-être souhaitable que je songe à assurer ma propre série. J’ai donc décidé de travailler sous mon nom. A ce moment j’ai eu la chance de rencontrer Francis Bertrand. Il m’a proposé de collaborer aux productions Peyo, et j’ai repris la série “Jacky et Célestin”. Mais l’envie de créer mes propres personnages me tenait. Je dois dire qu’à ce moment, l’équipe de chez Spirou m’a particulièrement aidé. J’avais la garantie, si mon histoire ne marchait pas, de continuer à faire des pages de Schtroumpfs et de reprendre Gil Jourdan que Tillieux n’avait plus le temps de dessiner. Maurice Tillieux a d’ailleurs insisté auprès de Monsieur Dupuis pour qu’il m’engage en lui disant : “Si vous ne le prenez pas, il ira ailleurs”. En fait, j’avais proposé une histoire au Lombard que Greg avait refusée car elle faisait trop “Peyo”… Cette histoire ? Niki et Sosthème ? paraîtra peut-être un jour dans Spirou. Elle est entièrement inédite et mettait en valeur les ancêtres de “Jacky et Célestin”.
    Yoko Tsuno n’a pas été conçue directement pour Spirou?
    Il s’est passé la chose suivante. Les Editions Dupuis voulaient faire paraître une histoire simultanément dans Spirou et dans le journal allemand Eltern. On m’a demandé de dessiner dix pages du scénario “Le trio
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    Circus N°29 – Page 15
  • Yoko et Myna
    Articles divers

    Rencontre

    Bonjour… Voilà donc mon interview (téléphonique) de Roger Leloup, publiée dans Le Quotidien de Paris du 17 septembre 1996. Je l’avais appelé chez lui, le 13 septembre en début d’après-midi, depuis un bureau des éditions Dupuis. En la relisant, j’y ai noté des maladresses et des erreurs de jeunesse… Tant pis, je l’assume telle quelle, et vous en laisse le libre usage – à condition qu’il n’y ait pas de coupes. Certaines questions vous paraîtront peut-être “enfoncer des portes ouvertes”. Gardez simplement à l’esprit que cette interview était destinée à un media généraliste. Je ne m’adressais pas à des connaisseurs de Yoko, ni même de bandes dessinées en général. Poser des questions trop “pointues” aurait ennuyé la plupart des lecteurs. Mais je ne me plains pas, c’était formidable que l’on m’offre une pleine page pour interviewer un auteur de bandes dessinées… Et c’est formidable qu’un site comme le vôtre puisse aujourd’hui offrir ce texte aux fans de Yoko. Cordialement, Pierre Fageolle.

    RENCONTRE


     

    LES CONFIDENCES DE YOKO TSUNO RENCONTRE Les éditions Dupuis ont publié mercredi dernier le vingt-et-unième album de Yoko Tsuno, “La porte des âmes“. Son créateur, l’humaniste et perfectionniste Roger Leloup, nous parle de ses lointains repérages, de son exigence inquiète et de son enfance rêveuse.

    Le Quotidien de Paris – Comment est né le personnage de Yoko Tsuno ? Vous souvenez-vous de son premier crayonné ? Roger Leloup – Après quinze ans passés au Studio Hergé, à travailler sur les décors de Tintin, de Lefranc et Alix, j’avais besoin de voler de mes propres ailes. J’ai d’abord proposé aux éditions Dupuis le personnage d’une hôtesse de l’air, qui devait s’appeler Sabine si elle avait travaillé pour la Sabena (NDR : compagnie aérienne belge de l’époque) ou France pour Air France. Mais la Natacha de Walthéry est née à peu près à cette période, et il y aurait eu doublon. J’ai imaginé Yoko alors que je préparais une aventure de Jacky et Célestin, où elle ne devait jouer qu’un rôle très secondaire. Je me souviens parfaitement de son premier crayonné, c’était dans la soirée de Noël 1968, alors que ma femme était déjà couchée. Je l’ai présentée à Charles Dupuis pour le Noël suivant, et sa première planche est parue dans Spirou le 24 septembre 1970. Je m’en rappelle très bien, parce que le chiffre 24 revient toujours à des moments clés de ma vie. J’ai longtemps habité à un numéro 24, j’ai acheté le terrain de ma maison un 24… et l’une de mes filles est elle-même née un 24 septembre, un peu avant Yoko.

    – Cette jeune aventurière incarne t-elle votre propre part féminine ? – Oui, bien sûr. Je peux lui faire dire des choses poétiques, sentimentales, qu’un héros masculin ne se permettrait pas. Yoko est l’amie que je n’ai pas eue dans mon enfance. J’étais fils unique, mon père était prisonnier de guerre des Allemands, et ma mère devait trimer à son salon de coiffure, à Verviers. Elle me houspillait : « Ce n’est pas avec tes petits avions ou tes bandes dessinées que tu vas réussir dans la vie ! » Je parlais très peu, je jouais dans le jardin avec des bocaux remplis de salamandres, et on n’abordait pas les filles avec la même liberté qu’aujourd’hui. Alors je me racontais des histoires où une petite s?ur venait se reposer sur mon épaule.

    – D’autres auteurs de bandes dessinées ont partagé leur carrière entre plusieurs héros. N’avez-vous jamais eu envie de changer d’univers ? – Si un personnage ne rencontre pas le succès escompté, je comprends qu’on aille voir ce qui se passe ailleurs. Mais Yoko ne m’a jamais trahie. Elle a encore beaucoup de facettes à me faire découvrir. J’ai pourtant abordé un travail un peu différent, en écrivant deux vrais romans, d’abord publiés chez Duculot, et maintenant repris par Casterman. Le premier, “Le pic des ténèbres”, m’a valu le prix de science-fiction française 90 – et n’a rien à voir avec Yoko. Le second, en revanche, raconte son enfance ; avec “L’écume de l’aube”, j’ai ainsi pu rentrer dans son c?ur, ses sentiments, son âme. Je l’ai illustré, celui-là, et j’en prépare un troisième. Pour être honnête, je continuerai à privilégier les bandes dessinées, ne serait-ce que pour une simple question matérielle. Je suis à peu près sûr de vendre 120.000 copies d’un nouvel album de Yoko dans les six mois qui suivent sa parution, plus les 50.000 de l’édition irlandaise. Alors que j’arrive aujourd’hui à 12.000 exemplaires du premier roman.

    – De quel album de Yoko êtes-vous le plus fier ? – Le mot “fier” ne me convient pas vraiment, mais il y a un album “clef de voûte”, du côté des histoires fantastiques, qui est “La frontière de la vie”. “Les titans”, aussi, pour la science-fiction, à bénéficié de ma passion pour les insectes…

    – Où entraînerez-vous Yoko pour sa vingt-deuxième aventure ? – En Chine. Elle va rechercher le tombeau de la troisième épouse d’un empereur. Elle voudra remonter le temps pour modifier quelque chose dans le cours de l’histoire, et devra s’opposer à son amie Monya pour cela. Je vais dessiner une nouvelle page de garde, qui sera plus assortie avec l’ouverture de l’album. Je suis allé sur place pour des repérages ; j’en ai ramené un sale virus, d’ailleurs…

    – Vos décors sont toujours très soignés. Partez-vous à chaque fois sur place pour ramener des documents photos ? – Pas systématiquement. J’ai vu Bali pour “Le matin du monde”. Pour “L’Astrologue de Bruges”, j’étais seulement à une heure de voiture… Pour l’Écosse de “La Proie et l’ombre”, j’ai fabriqué la maquette du château à partir de différentes brochures touristiques. J’ai des souvenirs très émouvants de certains repérages. À Cologne, pour “L’or du Rhin”, je suis entré dans la Cathédrale alors que les enfants de la ville y étaient réunis, cierge en main. Ils priaient pour la paix dans le Golfe, mais la guerre allait être déclarée le lendemain. Moi, j’avais vu cette cathédrale au lendemain de la seconde guerre, dressée, seule, parmi les cendres de la ville rasée… Pour “Le dragon de Hong-Kong”, aussi, j’ai de merveilleux souvenirs : je me suis mis à pleurer en voyant, de la fenêtre de mon hôtel, une petite jonque blanche entrer au port entre deux destroyers américains. Une jeune chinoise qui me servait de guide m’a dit qu’en une semaine, je lui avais davantage appris que son père, qu’il ne fallait pas que je pleure parce que j’allais parler de Hong-Kong… Maintenant, même si je voyage en simple touriste, je prends beaucoup de photos, au cas où une idée d’aventure germerait ensuite. J’ai un téléobjectif qui me permet de photographier les gens de loin, sans les déranger dans leur vie quotidienne.

    Yoko et Myna

    – Voyagiez-vous déjà pour les décors de Tinin, du temps du Studio Hergé ? – Non, pas du tout. Dans “L’affaire Tournesol”, lorsque Tintin vole un char pour échapper aux Bordures, j’ai travaillé de mémoire, puisque j’étais chef de char pendant mon service militaire. Hergé travaillait surtout sur documentation. L’île de “Vol 714 pour Sydney” était complètement inventée, comme l’Himalaya de “Tintin au Tibet”. À propos de cet album, d’ailleurs, on glose beaucoup sur l’idéal de pureté, la recherche personnelle d’Hergé, mais la vérité est plus simple. Appâté par le bouquin d’Heuvelmans sur le sujet, il voulait mettre Tintin sur les traces d’un animal légendaire, et seul le Yéti était crédible.

    – Parmi les caractéristiques de votre style, il faut noter la finesse des couleurs. Comment les travaillez-vous ? – Je colorie au crayon des photocopies format A3 des planches terminées. Je les garde ensuite, car ça donne un assez bel aspect velouté, mais c’est le studio Leonardo qui finalise. Carla, la femme de Vittorio Leonardo, travaillait à la gouache jusqu’au vingtième album. Ils m’ont alors proposé de passer au coloriage par ordinateur. J’avais peur que le résultat soit froid, mais en fait, on évite ainsi tout décalage entre les pigments naturels des peintures et les capacités de l’imprimerie. J’ai envie de recolorier d’anciens albums, pour ne plus voir de Vinéens bleu Schtroumpd ou de décors qui changent subitement de ton selon la page – mais il vaut peut-être mieux que je me consacre à de nouvelles histoires. Honnêtement, je trouve que “La porte des âmes” est à ce jour l’album le plus propre en termes de coloriage. Carla perçoit très bien le côté sentimental de Yoko, elle sait bien le faire passer dans sa palette.

    – J’imagine que vous recevez un courrier assez insolite… ? – Des lettres charmantes, le plus souvent. Un jour de cafard, sous un ciel très gris, j’ai reçu une lettre d’une petite polynésienne. Elle me demandait simplement quand sortirait le prochain album de Yoko, mais ça m’a remis le moral d’aplomb et je lui ai répondu. Elle m’a renvoyé une longue carte postale panoramique qui disait “Je t’envoie tout le soleil de mon île”. De façon générale, les lectrices réclament souvent des aventures dans l’espace, alors que les garçons préfèrent les albums “terriens”.

    – Avez-vous une vision à long-terme de l’évolution de Yoko ? – J’aurai 63 ans le 17 novembre prochain, vous savez. À cet âge-là, on ne fait plus de plans sur la comète – d’autant que je me suis fait quelques frayeurs côté santé, dernièrement. Travailler sur une aventure de Yoko me prend 70 heures par semaine : pour “La porte des âmes”, je suis à peine sorti dans mon jardin entre janvier et juin dernier. C’est un peu à cause de ça que j’ai abordé le roman : si ma main droite ne répondait plus aussi bien, je pourrais toujours dicter des phrases. J’ai une autre histoire en réserve, un peu “à la Buck Danny”, mais aujourd’hui, les avions n’exercent plus la même fascination sur les jeunes. C’est devenu quelque chose de quotidien, presque banal. En même temps, on ne peut pas lutter avec les dinosaures de Spielberg ou les space-operas de Lucas. Le moindre de leurs effets spéciaux sera toujours plus impressionnant que le meilleur dessin. Je vais donc continuer à développer un style de science-fiction personnel, plus poétique, pour Yoko. Car je vais mettre plus que jamais toute mon énergie dans ses aventures.

    propos recueillis par Pierre Fageolle. Publiée dans Le Quotidien de Paris du 17 septembre 1996.

  • Couverture Sapristi!
    Yoko dans les médias

    Voyage au coeur de la vie avec Roger Leloup (Sapristi)

    Interview entre Roger Leloup et Féderic Sébastien parue dans le fanzine trimestrielle Sapristi ! N°13 du 1 juillet 1987. Merci à Renaud pour cet envoi. Sapristi ! était édité à l’époque par l’ANBD (Association normande de bande dessinée).

    Sapristi ! N°13

  • Couverture A propos
    Les articles des fans

    A Propos de Yoko Tsuno

    Bon alors, commençons…

    Yoko Tsuno

       Je ne vais pas vous dévoiler toute cette interview fabuleuse qu’il faut absolument lire pour comprendre le personnage de Roger Leloup et donc de son héroïne Yoko, mais …

        Dans « A Propos », Interview de Stephan Caluwaerts et André Taymans, Roger Leloup nous dévoile un peu son univers magnifique et attachant. Dans un premier temps, il décrit son travail et sa collaboration avec les plus grands dessinateurs de son époque (Hergé, Jacobs, Martin, ou bien encore De Moore). Sans aucune pression, il décrit ce laboratoire de la bande dessinée où les choses n’étaient pas si simples… Puis dans un second temps, il décrit la naissance de Yoko, ses raisons, sa vie, son avenir.

    C’est donc un ouvrage très intéressant qui permet de mieux cerner et comprendre la vie et le destin de cet artiste exceptionnel.

     Couverture A propos
     4me de couverture A propos
    Couvertures de l’ouvrage “A Propos”

    1. Prélude à une naissance :

    Comme vous le savez tous, Roger Leloup est né à Verviers en 1933 dans une famille de coiffeurs. Très tôt, il commence la peinture et le dessin (plutôt du dessin technique…). En plus de cette passion, il adore l’aéromodélisme et la mécanique.

    Très rapidement, il rencontre Jacques Martin qui était venu s’installer à Verviers et c’est comme cela qu’il entre dans le milieu de la bande dessinée… en dessinant au début des avions.

    Il rencontre ensuite Hergé et part travailler à Bruxelles dans son studio. Il va rester quinze ans au service d’Hergé et va côtoyer tous les dessinateurs belges de son époque. On découvre à ce moment du témoignage la difficulté lors de la création d’un album. Un tel ouvrage est réalisé par différentes petites touches et l’ampleur du travail est, il me semble, souvent sous-estimée.

    Cet univers est pour moi totalement inconnu, mais je me rends compte que tout le monde travaillait ensemble et qu’il y avait de nombreuses collaborations entre les dessinateurs. Pour commencer sa carrière, il fallait plutôt être dans l’ombre d’un artiste plus connu.

    Roger Leloup travaille donc pour Hergé (vous découvrirez de nombreuses anecdotes et ses réalisations..) mais aussi pour Jacobs. L’ambiance au studio était un peu tendue et vous pourrez même savoir si Roger Leloup a dessiné Tintin ?

    En 1968, soit à 35 ans, Roger Leloup commence à prendre son indépendance vis-à-vis d’Hergé. Il rencontre le dessinateur Francis, puis Peyo, le dessinateur des Schtroumpfs avec qui, il va dessiner l’album « Le Bébé Schtroumpf ». En Hollande, cet album sera signé Roger Leloup & Peyo (Si vous avez cet album avec cette signature, nous sommes toujours intéressés).

    Couverture A propos Edition Collector

    Version collector de l’interview

     

    2. La naissance :

    La première apparition de Yoko fut dans Jacky et Celestin mais sa véritable création est née d’un événement historique… Lorsque l’homme a marché sur la lune !!! Roger Leloup imagine « Le Trio de l’Etrange », le présente à Charles Dupuis puis quitte définitivement les studios Hergé pour se consacrer à Yoko. ( Petite anecdote sur cette création : Hergé pouvait être un point bloquant vis-à-vis de sa liberté mais ce dernier a accepté et a même reconnu Yoko : « … la plus belle dédicace qu’il m’a faite, se trouve dans l’album « Tintin et les Picaros » où il inscrit : « Pour Yoko avec une grosse bise de Tintin » C’est la seule bise que Tintin a jamais donnée à une personne. »).

    3. Une aventure extraordinaire :

    Dans un nouveau chapitre, Roger Leloup nous explique comment est né son premier album: « Le Trio de l’Etrange » et les vinéens. Vous saurez alors pourquoi ils ont la peau bleue (Information dévoilée dans « l’Atrologue de Bruges » et comment est venue l’idée de cette histoire du trio et des vinéens. On peut tout de même dire qu’au départ, Yoko n’avait pas le premier rôle: Vic ou Pol pouvaient être les personnages principaux, mais le destin en a voulu ainsi.

    On apprend également d’où vient son inspiration au sujet de Yoko. C’est un mélange entre Yoko Tani (actrice Japonaise) et une jeune femme de sa jeunesse.

    Yoko Tani avec Anthony Quinn

    Yoko Tani avec Anthony Quinn dans Les dents du diable

     

    Dans un autre chapitre, Roger Leloup nous dévoile ses sentiments et son enthousiasme lorsqu’il réalise un nouvel album. Il faut vraiment créer une « alchimie » pour trouver une histoire juste. Cette passion dévoilée, nous entrons ensuite dans la réalisation d’un album. Nous découvrons ces méthodes de travail et son procédé pour donner vie à Yoko. Il nous parle aussi de ces deux romans : « L’Ecume de l’Aube » et « Le Pic des Ténèbres » et il serait prêt à recommencer à écrire des romans. (C’est une bonne idée !)

    4. Conclusion :

    Enfin et pour finir cet article, Roger Leloup nous dévoile un peu sa personnalité à travers une série de question courtes. Cette interview nous permet donc de découvrir un personnage et un monde extraordinaire. En lisant ce livre, vous comprendrez mieux l’univers de Yoko Tsuno et tout le cheminement qui a amené Roger Leloup à écrire ces formidables aventures.

    Roger Leloup