Les engins

Cette catégorie rassemble tous les engins qui apparaissent dans les aventures de Yoko Tsuno. Ils sont ensuite classés en sous-catégories.

  • Hydroptères
    La Fille du Vent,  Les bateaux

    Les hydroptères du professeur Seiki Tsuno

         La Fille du vent est l’album de la collection qui met en scène le plus grand nombre de navires. Le Yamato a déjà été évoqué, il constitue le seul bâtiment qui a existé réellement.

    Pour les autres, Roger Leloup s’est inspiré de bateaux existants, en les modifiant selon le besoin.

    Les hydroptères (ou hydrofoil en anglais) sont des navires à ailes portantes, c’est-à-dire qu’ils peuvent déjauger complètement (avoir la coque hors de l’eau). La résistance de l’eau est ainsi diminuée, ce qui leur permet d’atteindre des vitesses de pointe avoisinant les 50 nœuds (soit près de 100 km/h). Ce sont, avec les aéroglisseurs, les navires les plus rapides que l’on trouve dans une marine militaire. Ils ont une propulsion mixte, à hélice en croisière, et à hydrojet pour les grandes vitesses. Ceux qu’utilise le père de Yoko sont inspirés d’un hydroptère construit par la marine italienne en 1974, le Sparviero. Ce navire fut développé dans les années 60 et le prototype fut mis en service 1974.

    le Sparviero

         Le Sparviero a été désarmé en 1991. Il ne reste des 5 unités de la série que le Grifone et le Condor, placés en réserve. Il semble que la marine italienne ne soit plus intéressée par ce type de bateau car ils sont remplacés par des navires « classiques ». Par contre, il a intéressé la marine japonaise (!) qui en a construit trois sur le modèle du Sparviero, au début des années 90, actuellement en service.

    Roger Leloup les a modifiés ainsi :

    • Ils sont plus longs que le modèle original (entre 28 et 30 mètres), ce qui a permis de rajouter deux lance-missiles à l’arrière du navire.
    • L’équipement électronique a été modifié : le radôme qui est en haut de la mâture est copié sur une conduite de tir de fabrication néerlandaise. Par contre, la parabole située devant ce radôme est d’origine, c’est la conduite de tir du canon, un Oto-Melara de 76 mm.
    • Les caissons où sont contenus les missiles sont des copies de ceux des missiles français Exocet (modèle Mer-Mer 38).
    • Les missiles que lancent les navires (page 34) sont des missiles antinavires américains Harpoon. Roger Leloup a pris soin de distinguer le booster, en bleu (moteur fusée d’appoint au propergol solide) du missile en lui-même, propulsé par turbo réacteur. Celui-ci (dans sa version tirée par bâtiments de surface) mesure 4,58 m de long pour un poids de 620 kilos. Il a une portée de 111 km. Développés par les constructeurs MacDonnell-Douglas et Boeing dans les années 70, il est toujours utilisé par la Marine américaine et a été exporté dans de nombreux pays.

    Merci à Lucas

  • Cougar XR-7
    Le Trio de l'Étrange,  Les voitures

    Mercury Cougar XR-7 HardTop 1970

    Cette Cougar XR-7, qui nous a posé bien des soucis, une “Américaine”, de la marque Mercury, fondée en 1938, une sous marque de Ford. Dans nos aventures c’est la voiture du patron dans Le trio de l’étrange. Sur la photo ci-dessous vous ne voyez pas les phares car ils sont escamotables, c’est une particularité des modèles de la fin des années 60. Le terme “HardTop”, toit dur en anglais c’est pour différencier ce modèle de la version décapotable. Ce modèle, Cougar XR-7, a été fabriqué à quelques 18500 exemplaires, ce qui est peu pour une voiture de série, mais suffisant pour passé sous l’œil et le crayon de Roger Leloup. Notre auteur préféré a aussi bien veillé à ne pas dessiner le Cougar à l’avant du capot.

    Merci à Francois Roussel qui a trouvé le modèle. Et si vous êtes passionnés de Cougar un site en français le Trombinoscar.

  • Aéronef d’entretien
    Les engins vinéens,  Les Titans

    Aéronef d’entretien

    Cet aéronef d’entretien sert à la maintenance de la barrière climatique de Vinéa. C’est d’ailleurs dans le hangar d’une “porte” de la barrière que Yoko et Khāny empreinte cet aéronef. Il est surpuissant, à en juger par ses caractéristiques et est adapté pour des vols stationnaires en atmosphère. Il permet d’emporter de lourdes charges grâce à son treuil double.

    La cabine de pilotage presque entièrement transparente et pivotante, a été conçue pour que le pilote puisse manœuvrer ses charges avec aisance. Dans cette cabine, on trouve aussi une capsule transparente qui peut descendre ou monter une personne en toute sécurité. Quand cet aéronef est posé sur le sol la cabine est en position haute,  ce qui permet de monter à bord facilement et sans échelle. Yoko utilisera cette dernière pour sauver un des titans en perdition échoué sur la crête d’une montagne vinéenne.  Cet aéronef d’entretien n’est apparu que dans Les Titans.

  • Drachenfels
    L'Orgue du Diable,  Les bateaux

    Les bateaux de la Köln-Düsseldorfer

    La Köln-Düsseldorfer Rheinschifffahrt est la plus grande compagnie de bateaux de croisière du Rhin. Elle possède une flotte de 13 bateaux (bientôt 14), lui permettant ainsi d’organiser plusieurs croisières par jour d’avril à octobre entre Mayence et Cologne.

    Dans l’Orgue du Diable, Yoko Pol et Vic rencontre pour la première fois Ingrid à bord du Rhein. Celui qu’ils prennent ensemble à la dernière page est le Drachenfels.

    • Le Drachenfels fut construit en 1961 et rebaptisé en 1985 Wappen von Mainz.
    • Le Rhein fut construit en 1967 et rebaptisé en 1985 Wappen von Köln.

    Ces deux navires, les plus importants de la compagnie, sont quasiment identiques.

    Une photo de l’ex-Drachenfels se trouve dans la rubrique « décors » de l’Orgue Du Diable. Il vient de quitter St Goar et remonte le Rhin. Roger Leloup n’a pu se servir exactement de cette photo car elle est postérieure à 1985. Le blason (Wappen en allemand) de la ville de Mayence (Mainz) a été peint sur l’étrave (extrémité avant du navire). Le Wappen von Köln a reçu celui de la ville de Cologne.

    Merci à Lucas pour cet article

  • Vaisseau Intersidéral
    La Porte des Âmes,  Le Trio de l'Étrange,  Les engins vinéens

    Vaisseau Intersidéral Vinéen

    C’est ce type de vaisseau intersidéral vinéen qui a permis à un certain nombre de Vinéen d’évacuer leur planète. Cet engin peut voyager à une vitesse proche de la vitesse de la lumière (299 792,458 m/s dans le vide). Il a été construit en 11 exemplaires avec difficulté, une centaine était prévue à la base. On ne connaît le sort que de 2 d’entre eux, un dans Le trio de l’étrange et l’autre que l’on retrouvera dans La porte des Ames.

    Pendant ce long voyage, les Vinéens ont été placés en léthargie dans des tubes spécialement conçus à cet effet. Ce n’est pas mentionné, mais on peut estimer la capacité de stockage de cet engin à environ 50 000 personnes. La couronne du vaisseau est divisée en 24 sections. Chaque section comporte 9 lignes et chaque ligne contient 12 rangées de tiroirs. Et chaque tiroir contient 10 tubes. Le total doit être multiplié par 2 car il y en a autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de la couronne.

    Donc, si une centaine de vaisseaux étaient prévus, les Vinéens comptaient évacuer un peu plus de 5 000 000 de personnes de Vinéa.

    Le vaisseau intersidéral vinéen transportait également 24 navettes de type 1, ainsi que de nombreuses pièces détachées d’engins de forage.

  • Divers,  La Spirale du Temps

    Canon automoteur Type 1 HO-NI I

    Non, il ne s’agit pas d’un char, un canon automoteur est un canon mobile et n’est pas équipé de mitrailleuse donc est très vulnérable aux attaques d’infanterie. Ce modèle développé par l’armée impériale japonaise a participé aux batailles de Birmanie et des Philippines. Il a existé en plus ou moins 4 différentes versions, toutes basées sur un châssis de Chi-ha (un char japonais de l’époque). On ne sait pas s’il était présent en Indonésie. Signalons néanmoins que Roger Leloup a légèrement surdimensionné l’engin dans La spirale du Temps.

    Ce modèle a été construit à partir de 1942, en un peu plus de 100 exemplaires. Toutes versions confondues, la production des canons automoteurs n’excéda pas 200 pièces.

  • Magnétoporteur
    La Forge de Vulcain,  Le Trio de l'Étrange,  Les engins vinéens

    Magnétoporteur (version court courrier)

    Là je ne me mouille pas, la description selon Yoko : ce véhicule est d’une technique très avancée et utilise les propriétés des champs magnétiques pour se déplacer… le principe est simple… les barres aimantées fixées aux extrémités des ailettes guident l’engin sur les rails magnétiques émis par les supports en forme de croissant… c’est un puissant champ magnétique, issu du compartiment moteur qui doit assurer la propulsion -fin de citation- La taille de l’engin est très approximativement de 15m de long pour 6m de diamètre, 5 places assise dont 2 pour l’équipage. Celui-ci peut aussi remorquer des “wagons”.

    Né de l’imagination de Leloup, le magnétoporteur correspond cependant à un concept de transport réellement étudié, celui du train à sustentation magnétique qui, débarrassé des frottements induits par le contact entre les roues et le rail, doit permettre des vitesses supérieures ainsi que des économies d’énergie. Dans le Nord de l’Allemagne, un tel système est actuellement en essais (système “Transrapid”) et devrait connaître une application commerciale en Chine, après l’abandon d’un audacieux projet de ligne Berlin-Hambourg. Soutenu et propulsé par des champs magnétiques, le magnétoporteur vinéen possède une autre caractéristique : il circule sur une partie de son trajet dans un tube sous vide encadré par des sas. Voici un principe qui, bien loin d’appartenir à la pure fantasmagorie, a été réellement étudié et dont la mise en œuvre a été envisagée. Jugez plutôt:
    À partir de 1974, l’ingénieur helvétique Rodolphe Nieth a étudié la possibilité de desservir le territoire suisse à l’aide d’un réseau ultra-rapide dénommé Swissmetro. Son idée consistait à percer des tunnels de forme tubulaire, de petit diamètre (4,5m), et à y faire circuler des véhicules flottant au dessus de rails magnétiques et propulsés à vive allure par la même énergie. Des pompes devaient faire le vide dans les tubes, permettant aux convois de progresser sans rencontrer de résistance. En l’absence de frottements liés aux roues et à l’air, la possibilité d’accélération est théoriquement infinie, avec une dépense d’énergie réduite. Avouez que le principe ressemble à s’y méprendre à celui du magnétoporteur, dématérialisation des “rails” exceptée, car, dans la réalité, il faut encore un support matériel conducteur de courant pour générer un champ magnétique capable de porter un véhicule. La réalité rejoint la fiction mais reste moins poétique.
    En pratique, notre magnétoporteur alpin, donc, aurait dû relier Genève à Zurich en une heure, filant dans son tube à 400 ou 500 km/h tout en dépensant proportionnellement trois fois moins d’énergie qu’un train classique. Et sans toucher au paysage mythique du pays de la Vache Milka, s’il-vous-plait… Au début des années 1990, industriels et pouvoirs publics étudient très sérieusement le dossier : l’audacieux engin de science fiction semble techniquement réalisable ; seul le prix a un effet dissuasif, et il faut croire que les difficultés apparues en Suisse (feu le paradis des transports publics) autour du vaste plan d’action “rail 2000” ont déjà renvoyé Swissmetro au purgatoire des bonnes intentions. Reste une maquette exposée à l’école Polytechnique de Lausanne, et un fait rare dans l’histoire : le seul moyen de transport ayant (inconsciemment) inspiré un artiste avant même d’avoir existé…
    Amis lecteurs, nous sommes à la recherche de tout renseignement sur l’état d’avancement actuel du projet Swissmetro…
    Commentaire: Hallberg.
    A voir aussi l’article Le Magnétoporteur existe… du journal Spirou.

  • Locomotive S 3/6
    L'Or du Rhin,  Les trains

    Locomotive S 3/6

    Locomotive à vapeur 18 526 de la Deutsche Reichsbahn-Gesellschaft (1928)
    Type S 3/6 bavarois. Au début du XXe siècle, pour faire face à l’accroissement du trafic ferroviaire et du poids des trains, différents réseaux européens passent commande de locomotives de type “Pacific” (deux essieux porteurs avant, trois essieux moteurs et un essieu porteur arrière) présentant une puissance supérieure à toutes les machines précédemment utilisées à la traction des trains rapides. En 1907, les chemins de fer royaux bavarois(Königliche Bayerische Staatsbahn, K.Bay.sts.B.) passent commande d’une locomotive rapide et puissante dont les premiers exemplaires sont livrés par la firme Maffei (Munich) en Juillet 1908.
    Dotée d’une chaudière largement dimensionnée, la nouvelle locomotive du type S 3/6 offre des caractéristiques modernes pour l’époque : la surchauffe, portant la vapeur à une température telle qu’elle ne se condense plus au contact des surfaces métalliques, le préchauffage de l’eau injectée dans la chaudière, une forme aérodynamique et surtout un mécanisme moteur à quatre cylindres fonctionnant sur le principe de la double expansion (la vapeur sortant de la première paire de cylindres haute pression est réutilisée dans des cylindres basse pression où elle achève de libérer son énergie au lieu d’être directement relâchée à l’air libre). Ces caractéristiques donnent une locomotive particulièrement économe en combustible et à la marche douce et régulière.

    Entre 1908 et 1918, la Bavière reçoit 89 machines S 3/6 livrées en lots successifs identifiés par les lettres “a” à “i”. Au cours de cette période, la série reçoit des modifications plus ou moins importantes (18 exemplaires recevant des roues de 2m de diamètre afin de remorquer des trains directs accélérés). Certaines machines sont destinées au réseau du Palatinat (sous administration bavaroise) ; d’autres sont cédées à la France et à la Belgique au titre des réparations de guerre. À partir de 1923, la subdivision bavaroise (Gruppenverwaltung Bayern) des chemins de fer de l’État (nationalisés en 1920) commande de nouveaux lots. À la fondation de la Deutsche Reichsbahn-Gesellschaft, en 1925, la série S 3/6 devient la série 18.4-5
    (numéros 18 401 à 18 508 avec quelques trous correspondant à des machines détruites ou cédées au titre des réparations) dans le nouveau schéma de numérotation unifié. Malgré l’apparition des machines plus récentes de la série 01 (locomotives “unifiées” standardisées pour toute l’Allemagne) en 1925, la Reichsbahn repasse commande de locomotives S 3/6 au constructeur Maffei, en raison du manque de machines au poids par essieu limité à 16 t. Les nouvelles machines sont immatriculées 18 509 à 548. Au total, 159 machines sont construites en 15 lots successifs de 1908 à 1930.
    Les S 3/6 remorquent les trains rapides et express en Bavière et à destination de l’Autriche. Elles se montrent capables de prendre en charge des convois de plus de 400 tonnes et de parcourir sans relai des distances de 300 ou 400 km. Ces performances intéressantes liées à une consommation raisonnable leur valent d’être engagées hors de Bavière à la traction du très prestigieux train de luxe “Rheingold” entre Hoek van Holland et Bâle, lancé en 1928, et de l’Orient-Express sur son parcours allemand, en dépit de leur vitesse maximale rapidement dépassée. on les rencontre par la suite en Thuringe, Palatinat, Wurttemberg, Rhénanie, Sarre…
    Après 1945, à l’exception de cinq machines détruites et une isolée dans la zone orientale, toutes les S 3/6 se trouvent dans la zone occidentale qui deviendra la RFA. 21 des machines, en mauvais état après la guerre, sont réformées par la nouvelle Deutsche Bundesbahn, administration ferroviaire créée en Allemagne de l’Ouest. Trente autres, issues des lots de 1926-1930 sont modernisées entre 1953 et 1957, recevant une chaudière neuve et diverses modifications. Ces machines reçoivent les numéros 18 601 à 630.
    Dans les années soixante, sous les coups conjugués de l’électrification et de la livraison des locomotives Diesel de moyenne puissance V200, l’effectif des S 3/6 diminue rapidement et se regroupe dans le Sud de l’Allemagne. Le dernier exemplaire quitte le service commercial en 1969. Six machines ont été préservées, l’une d’entre-elles – la S 3/6 3673 alias 18 478 – étant conservée en état de marche et assurant des trains spéciaux, et exceptionnellement des trains commerciaux.

    La 18 526 appartient au lot “m” livré en 1927-28. Elle fait partie des machines commandées entre 1926 et 1930 par la DRG ; elle se distingue extérieurement des lots précédents par la forme légèrement différente de la cabine de conduite. Après un service effectué principalement en Rhénanie puis en Franconie, elle est transformée en 1955 pour devenir la 18 621. Sa réforme en Décembre 1961 est suivie de sa démolition. Roger Leloup a donc pris la liberté de représenter une machine qui, à l’époque contemporaine où se situe son récit, n’existait plus, clin d’oeil probable à l’histoire de la part d’un amateur averti de tous les moyens de transport.
    La 18 526 a remorqué le Rheingold pendant quelques mois au début de l’année 1928, avant que les machines du lot “m” ne soient remplacées par celles des lots “d” et “e” à roues de 2m.

    Ci-dessous
    – La 18 511 attend le départ en gare de Stuttgart, dans les années 1930.
    – Le train FFD 101 “Rheingold” (Hoek van Holland – Bâle) emmené par la 18 524 longe le Rhin près d’Oberwesel. Début 1928.

    Commentaire, infos et photos Hallberg.

  • La Fille du Vent,  Les bateaux

    Le cuirassé Yamato

    Le cuirassé Yamato, le plus grand jamais construit par l’armée japonaise avec le Musashi qui était de la même classe. Son étude a démarré en 1934 et sa conception en 1937, sa mise à l’eau à eu lieu le 8 août 1940. Tout ceci a était fait dans le plus grand secret. Le Yamato détenait beaucoup de record, entre autres celui des plus gros canons jamais montés sur un navire de guerre, 46 cm !!
    Suite à l’invasion des américains à Okinawa le 1 Avril 1945, les japonais lancent une opération kamikaze baptisée “Ten-Go”.
    Comme l’explique Yoko, le Yamato est parti, pour renforcer l’attaque, le 6 avril 1945 accompagné du croiseur léger Yahagi et de huit destroyers, mais sans appui aérien, et avec juste assez de carburant pour un aller simple.

    Il a été repéré une première fois par des sous-marins américains puis une deuxième fois par des avions au matin du 7 avril. Pour intercepter l’arrivée de la flotte, les américains envoyèrent 400 avions et 6 bateaux. La bataille commença vers midi, et le cuirassé Yamato sombra deux heures plus tard, touché par plusieurs bombes et une dizaine de torpilles. Deux de ces torpilles firent exploser le magasin principal de munition et, entraînèrent la mort de 75% de l’équipage et un gigantesque nuage de fumée. Le Yamato avait à son bord 2750 hommes d’équipage, d’autres chiffres parlent de plus de 3000 mais seul 269 survécurent…
    Une expédition japonaise a retrouvé le Yamato dans les années 80 et a rapporté que le bateau était en deux morceaux. Nous recherchons des images de l’épave.
    Le Musashi, son frère, sombra aussi, le 24 octobre 1944, pendant la bataille de la mer de Sibuyan.

    L’épave du Yamato héberge, sur son pont, la base sous-marine d’Ito Kasuky, dans La Fille du vent.

  • Handley Page HP42
    Anges et Faucons,  Le maléfice de l'améthyste,  Les avions,  Message pour l'Eternité

    Handley-Page HP42E

    Handley-Page HP42E.

    À la fin des années 1920, la compagnie Imperial Airways (fondée en 1924) ouvrait progressivement un réseau de lignes aériennes permettant depuis l’Angleterre de rejoindre l’Afrique, le Moyen-Orient et les Indes. La compagnie désirait en particulier importer dans l’aviation commerciale le concept ferroviaire des trains “Pullman” de jour (1), consistant en des aménagements luxueux et surtout le service des repas à la place, les transports aériens souffrant d’une mauvaise réputation sur le plan du confort; elle recherchait en outre des appareils capables de desservir les pistes courtes qui se rencontraient dans l’empire colonial.

    De la conjugaison de ces critères naquit un avion dont la conception, suivant une tradition bien ancrée dans les transports publics britanniques, relevait d’un singulier mélange de tradition et d’innovation. La commande de huit appareils HP42 fut passée en 1928 à la société Handley-Page; cette série se divisait en deux sous-séries de quatre appareils chacune, les HP42W (pour “Western”) destinés à l’Europe, et les HP42E (“Eastern”) conçus pour les lignes vers l’Afrique et les Indes.

    L’avion réalisé par la société Handley-Page était presque entièrement métallique. L’importante voilure se composait d’une aile principale supérieure, supportée par des entretoises obliques, et une aile inférieure secondaire. L’enpennage, imposant, se composait de deux plans horizontaux et de trois plans verticaux. L’ensemble était rigidifié par quelques haubans. Le HP42 fut l’un des derniers biplans destinés au service des voyageurs. L’importance de sa voilure lui permettait de desservir les pistes les plus courtes car il atterrissait et décollait sur une longueur remarquablement réduite; en revanche, l’énorme traînée aérodynamique de l’ensemble limitait sa vitesse.

    L’avion était propulsé par quatre moteurs, deux regroupés sur l’aile supérieure au dessus du fuselage, et deux autres de part et d’autre sur le plan inférieur. Sa vitesse de pointe atteignait 200 km/h, ce qui permettait une vitesse commerciale de 160 km/h environ. En 1931, le HP42 partageait avec l’hydravion Short S.17 le titre de premier quadrimoteur du monde.
    La carlingue comportait deux cabines accueillant les voyageurs, à l’avant et à l’arrière des ailes. Les voyageurs disposaient de deux rangées de fauteuils séparés par une allée centrale et partiellement disposés en vis-à-vis. Des tables spécialement concues, dotées de rebords, permettaient la restauration à la place (2). Au centre étaient rassemblés des sanitaires, un compartiment à bagages et une petite cuisine permettant le réchauffage des repas. La cabine de pilotage, surélevée et entièrement fermée, abritait un équipage de trois personnes auxquelles s’ajoutait le personnel de cabine.
    Les deux sous-séries se distinguaient par leur capacité et leur motorisation. Les HP42W emportaient 38 voyageurs, 18 à l’avant et 20 à l’arrière; ils étaient entraînés par des moteurs Bristol XIF de 490 cv chacun. Les HP42E possédaient quant à eux des moteurs Bristol “Jupiter” XFBM de 550 cv. Ils n’emportaient que 18 voyageurs, 6 à l’avant et 12 à l’arrière, capacité portée ultérieurement à 24 par ajout de six sièges dans la cabine avant. Leur capacité en bagages, courrier et carburant était en conséquence supérieure à la variante européenne.

    Le premier avion livré à Imperial Airways entra en service en juin 1931, après avoir fait son premier vol le 17 novembre 1930. Appartenant à la sous-série HP42E destinée aux lignes coloniales, il fut baptisé Hannibal, et affecté provisoirement à la ligne Londres-Paris, en attendant la livraison du premier HP42W Heracles en Septembre 1931. Suivant une tradition héritée de la construction navale et ferroviaire, le nom du premier exemplaire donna le nom générique de la série (les britanniques préférant d’ailleurs parler de “classes”, les HP42W devinrent pour la postérité la “Classe Heracles” et les HP42E la “Classe Hannibal”). Les appareils portaient des noms de personnages antiques commençant par la lettre “h”. Les exemplaires européens étaient baptisés Heracles (G-AAXC), Horatius (G-AAXD), Hengist (G-AAXE) et Helena (G-AAXF). Les appareils coloniaux étaient Hannibal (G-AAG , Horsa (G-AAUC), Hanno (G-AAUD) et Hadrian (G-AAUE).
    Affectés à Croydon, près de Londres, les HP42W assuraient des rotations vers Bruxelles, Cologne, Bâle et l’Europe centrale. Leurs plus longues tournées les conduisaient à Athènes et à Brindisi. Ils venaient régulièrement au Bourget, sur les rotations Paris-Londres ou en escale sur les lignes conduisant à Bâle ou à Zurich. Les HP42E, affectés pour leur part au Caire, desservaient l’Afrique centrale et de l’ouest, jusqu’à Lagos, ainsi que la dure ligne vers Le Cap ouverte en 1932; aux Indes, leurs rotations les conduisaient à Karachi et à Delhi, d’où une correspondance vers Singapour, puis Brisbane à partir de 1935, était possible (3).
    Dès leur sortie, les HP42 étaient considérés comme des avions lents. Ils furent concurrencés, d’abord sur les lignes africaines puis vers les Indes, par les rapides monoplans Armstrong-Witworth AW15 livrés à partir de 1933. Si la situation de concurrence avec le chemin de fer leur permit de se maintenir facilement en Europe, en particulier sur Londres-Paris, c’est principalement leur confort qui les fit apprécier du public et de l’exploitant. Outre la qualité de leurs aménagements, les HP42 étaient particulièrement silencieux, ne comportant aucun siège au niveau des moteurs, ces derniers n’étant d’ailleurs pas directement solidaires de la carlingue.

    En outre, ils étaient particulièrement fiables, et ne subirent aucune perte, et plus généralement aucun accident grave durant leur carrière. Les huit appareils furent retirés du service entre 1939 et 1941. Aucun n’a malheureusement été conservé. Ne restent que les souvenirs, et la fantaisie d’un certain auteur, qui en 1978 fit revivre un avion certes “démodé” pour le technicien, mais qui volera longtemps, pour le poète, dans l’espace intemporel du rêve…

    L’avion représenté par Leloup, le G-AAXJ Horus, est un neuvième exemplaire fictif, inventé par l’auteur pour les besoins du volume 5 Message pour l’Éternité, appartenant à la classe “Hannibal” (appareil colonial). Leloup a simplement repris le principe d’immatriculation et de baptême du reste de la série. C’est probablement l’aptitude à atterrir sur de très courtes distances qui a en partie motivé le choix de ce type d’avion à l’esthétique spectaculaire.

    (1) George Mortimer Pullman (1831-1897) introduisit sur les chemins de fer américains un concept de voiture à couloir central convertible en couchettes sans compartiments, encore répandu en Amérique du Nord et en Russie. Georges Nagelmackers (1845-1905), impressionné par le confort du matériel Pullman américain, fonda en 1883 la Compagnie des Wagons-Lits et des Grands Express Européens. Il importa les conceptions de Pullman non sans les avoir adaptées au goût européen: il développa ainsi la voiture-lits, la voiture-restaurant, ainsi que la voiture-salon avec restauration à la place, destinée plus particulièrement aux trains de jour.

    Tandis que “pullman” devenait un nom commun désignant toute voiture de chemin de fer particulièrement luxueuse, le concept fut ultérieurement transposé dans les avions et les autocars. (2) Imperial Airways avait inauguré ce type de service en 1926 sur les AW.154 (Armstrong-Witworth “Argosy 1”) de la ligne Paris-Londres, dite “Aile d’Argent”, et concurrente de la “Flèche d’Or”, ligne associant trains “Pullmann” et ferry.

    Devenue rare dans les trains, la restauration à la place s’est en revanche généralisée dans l’aviation. (3) Rappelons qu’un voyage en avion, dans les années 1930, vers une destination aussi lointaine que l’Inde ou l’Australie, exigeait un temps qui se comptait encore en jours, avec de nombreuses escales et plusieurs changements d’avion. Les principales sections maritimes étaient assurées en hydravion, et certaines sections terrestres, comme la traversée des Alpes, exigèrent longtemps un transfert en train. Enfin, on n’osait pas encore affronter l’Atlantique nord, dont les rares traversées aéronautiques relevaient toujours de l’expérimentation ou de l’exploit isolé.

    Commentaire: Hallberg. N.B.: les sources donnent parfois des informations contradictoires sur ces avions. N’hésitez pas à nous faire parvenir toute information fiable.

    Voici un complément d’information sur  le Handley-Page HP42E de Yann
    Le Handley Page 42: La compagnie Imperial Airways est née en 1924 de la fusion de quatre petites compagnies aériennes (dont Handley Page Transport Limited) composant un total de 13 avions. Elle commanda plus tard huit appareils à Handley Page, spécialement conçus pour ses besoins: les HP-42 se déclinant en deux classes, W (West) et E (East), respectivement affectée sur l’Europe et sur le Moyen-Orient jusqu’à l’ouest de l’Inde. Il n’y a jamais eut de neuvième appareil, cependant il existe effectivement un mystère à propos de la disparition de l’un de ces avions, mais la compagnie avait alors changé de nom. Le 1er Mars 1940, cinq mois après qu’Imperial Airways aie fusionnée avec British Airways Limited pour former la British Overseas Airways Corporation, le “Hannibal” (G-AAGX) disparait officiellement au dessus du Golf d’Oman, sur un vol d’étape entre Jiwani (à l’est de la côte iranienne) et Sharjah (Emirat Arabes Unis).

    Ce vol emportait officiellement quatre membres d’équipage (pas de M. Smith, désolé), et quatre passagers très importants ainsi que des documents militaires. Malgré les recherches minutieuses organisées par la RAF, l’appareil restera classé comme perdu corps et bien. Alors que la deuxième guerre mondiale n’en n’est qu’à ses débuts, ce vol et sa disparition garde un parfum de mystère. Les faits publics exhaustifs et officiels (listes des passagers, des membres d’équipage, plan de vol, derniers messages échangés…) peuvent être trouvés sur Internet, ainsi qu’un éventail d’hypothèses tout à fait intéressantes pour un auteur.

    Complément d’information sur  le Handley-Page HP42E par Petrushka :
    Yann disait qu’un avion partant de Karachi en direction de Londres a peu de chance de passer par le nord de l’Afghanistan (ces deux directions sont pratiquement à angle droit) et que même si on place un HP-42 sur cet itinéraire, avec un rayon d’action de 800 kilomètres, cet avion n’aurait pas pu traverser tout le Pakistan du sud au nord sans faire d’escale. C’est vrai… Mais le biplan quadrimoteur est pris dans un orage violent… Un ouragan où les vents soufflent à plus de 200 à l’heure vers le Nord-Est… Un avion ne se déplace pas seulement par rapport au sol mais suivant la vitesse du vent rencontré… Si sa vitesse de croisière est comme pour le Handley-Page de 160 kms heure et s’il se déplace dans une masse d’air qui le pousse dans le dos en soufflant à disons 180 kms heure de moyenne (c’est normal pour un ouragan) les vitesses vont s’additionner…

    Comme l’appareil avec son autonomie de 800 kms, les franchit par temps normal à 160 soit durant cinq heures… Durant ce temps dans la tempête, il aura volé à 160 + 180 (ouragan) à la vitesse de 340 kms heure par rapport au sol et ce durant 5 heures avant d’être à sec…… Ce qui donne 1.700 kms …Soit la distance qui sépare Karachi au cratère… Le compte est bon et croyez bien que Roger l’avait calculé… Ajoutez aussi que la seule façon pour un avion en pareille situation (du moins un appareil de cette époque) est de filer vent dans le dos pour sortir de la tempete sans y laisser du bois…

    Par ailleurs, le prénom d’Horus a été choisi pour marquer un appareil hors série basé au Caire et puis Horus est représenté par un faucon…